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comme, de coutume, on courre après eux. […] le g
al
R
oussel
qui a, je crois, épousé une demoiselle Lacombe est blessé à mort »…
Königsberg 24 juin
. Ils quitteront demain Königsberg : « le g
al
si inquiet de n’y pas voir venir l’empereur veut aller le rejoindre […]
il paraît que l’empereur reste à Tilsit sur le Mémel pour y traiter dit-on de la paix. On a quelque raison d’espérer qu’il y aura une
entrevue entre lui et l’empereur de Russie ou le roy de Prusse »…
Q.G. à Tilsit 28 [juin]
. Ils sont au milieu de Russes amis.
« L’empereur
A
lexandre
, après avoir eu deux entrevues avec l’empereur
N
apoléon
dans un petit château qu’on leur avait construit
au milieu de la rivière qui sépare les deux armées, a trouvé plus commode de venir s’établir ici, en consequence on a partagé la
ville en deux et moitié est pour les russes, moitié pour nous. Les deux empereurs ne se quittent pas […] L’empereur Alexandre est
comme on le dit, un fort bel homme, son frère Constantin a une assez mauvaise tournure. Il est assez singulier de voir des gens
qui il y a 8 jours s’égorgeaient à qui mieux mieux, vivre maintenant ensemble et en bonne harmonie. Cela ne prouverait-il pas
combien sont de faible valeur les motifs de guerres cruelles et dévastatrices »... Avant-hier, Alexandre a présenté à Napoléon le
Roi de Prusse : « C’est lui qui joue le plus vilain rôle dans tout cela, il est bien malheureux ; il s’est présenté seul avec le g
al
Lestocq.
On croit qu’il va venir s’établir ici. On regarde la paix comme certaine, puissions-nous ne pas être raccrochés en route par
l’Autriche. L’empereur dans une proclamation promet à l’armée de la faire rentrer en France, mais on a déjà eu cet espoir, déçu »…
30 juin
. Il a visité le camp des Russes : « Que diable avons-nous de commun avec des têtes de cette espèce ; à peine ont-ils la figure
humaine, un orangoutan habillé en étoffe et chapeau aurait la même tournure, une partie est armée de fleches. L’ensemble de tous
ces animaux là, leurs têtes mêmes rappelle tout ce que nous avons pû lire relativement aux hordes de sauvages, dans nos voyages
à grandes avantures. Tout cela a à peine la figure achevée, les yeux mal coupés, le nez applati, les levres grosses la bouche tres
fendue, le tein bazané »… Au reste, tous veulent en finir… Valée a assisté à une manœuvre d’artillerie de la garde pour voir de près
les empereurs et le roi tous d’accord. « Le Roy de Prusse qui a l’air d’être enchaîné au char de son vainqueur suit toujours pensif
et ne parlant à personne, à peine a-t-il quelqu’un pour lui tenir son cheval quand il veut descendre. On paraît faire peu d’attention
à lui, il n’est pas l’homme qu’on caresse et qu’on veut gagner »…
4 juillet
. Ils quitteront probablement Tilsit demain, pour retourner
à Koenigsberg : « de là on parle de Danzig, de Berlin et chacun cherche à prévoir le reste »…
Koenigsberg 11 juillet
. On croit que
dans deux ou trois jours l’Empereur ira à Dresde. « Avant-hier les empereurs Napoleon et Alexandre se sont séparés sur le bord
du Mémel, et ils se sont embrassés bons amis en apparence : l’empereur Alexandre retourne dans ses déserts, puissions nous ne
jamais revoir les vilaines figures de ces sauvages. La Reine de Prusse avec son air mutin aurait encore, je crois, brouillé les deux
maîtres de l’univers s’ils fussent restés plus longtemps ensemble et avec elle »…
15 juillet
. L’Empereur est parti, suivi de quelques
favorisés du Ciel : il « donne des grâces avec profusion, il donne des biens en Pologne, il traite avec grande générosité les chefs de
l’armée. Je ne sais pas s’il s’en tiendra là ; jusqu’à présent nous autres canailles nous ne nous ressentons pas de ces largesses. […]
J’ai certainement plus travaillé que tous ceux que l’on récompense quels qu’ils soient »…
23 juillet
. Ils quitteront Koenigsberg pour
Dantzig : « de là nous irons probablement en
Silésie
et de là aussi probablement à
Berlin
»…
Dantzig 31 juillet
. Parmi les nouvelles
demandes pour l’artillerie, Valée est proposé pour le grade de commandant de la Légion d’honneur : « je suis encore trop nouveau
colonel pour penser au généralat »…
Breslau 11 août
. Observations taquines sur les « diablesses » de Breslau…
Berlin 18 août
. Pour
être aussi heureux que d’autres, il fallait saisir les moments favorables : « je l’ai fait autant que j’ai pu mais c’était pour d’autres
que je travaillais ; cependant si la dernière demande est accordée par l’Empereur, je me retrouverai à mon rang »… Etc.
295.
Vincent-Victor-Henri Viénot, vicomte de VAUBLANC
(1803-1874) diplomate, administrateur et historien, il fut
chambellan à la Cour de Bavière. 10
manuscrits
autographes, 1828-1867 ; environ 270 pages la plupart petit in-4 ou
in-8, dans un coffret cartonné.
200/300
I
ntéressante
réunion
de manuscrits
et
brouillons
, probablement destinés à une « Chronique de familles. Souvenirs de trente
ans », comme l’indique une note sur un cahier (plusieurs portent le cachet encre
Manuscrit du V
te
de Vaublanc
). –
Le Bal
« tiré des
souvenirs de M
r
S. », Paris 6 février 1828, récit tiré des mémoires de M. de Salers (40 p., nombreuses ratures et corrections). –
Plan
de L’Indispensable ou Manuel de Bureau
, « Plan primitif communiqué au libraire Hachette avant de venir en Bavière en 1836. Il en a
adopté le titre et l’idée un “L’Indispensable” a été composé et publié chez lui depuis », 1832-1835, plan d’un livre destiné à donner
les connaissances indispensables dans tous les domaines (cahier de 14 pages), avec un petit carnet de notes :
Plan d’une bibliothèque
universelle
(16 p.). –
Cacologies munichoises
, Munich 1837, au sujet des « Imperfections de langage », avec des anecdotes (cahier de
5 p., ratures et corrections). –
Petit Voyage à l’Exposition Universelle de 1867 – causeries d’un Français d’Outre-Rhin
, ensemble de
3 cahiers (76 p., avec additions et corrections). –
Notice
sur
M
aximilien
II, Roi de Bavière, « copie terminée le 10 mars 1867, 3 ans
après la mort du Roi » (cahier de 27 p.). –
Précis de la littérature française
, « Brouillon. Il y a une copie nette à faire relier » (cahier
de 40 p.). Suivent 4 petits textes :
Discours de Clotilde à Clovis qu’elle exhorte à embrasser la foi chrétienne
;
Vie de Grégoire de
Tours
;
Tous les êtres louent le Seigneur
, prière d’action de grâces « à Coubert » ;
Du Crédit public
, extrait du
Journal du Nord
des 4
et 5 avril 1829. Plus un petit carnet :
Travaux, notes
, notes sur ses écrits et lectures.
O
n
joint
2 manuscrits d’un
Projet rendant à éteindre la mendicité
… par Pierre-Alexandre
L
eroux
(12 et 14 p. in-fol.) ; et un dossier
de plus de 40 lettres ou pièces concernant la
S
ociété
des
F
actoreries
de
N
djolé
au Congo (siège social au Havre), 1890-1900.
296.
Henri de Bourbon, duc de VERNEUIL
(1601-1682), fils naturel d’Henri IV et Catherine-Henriette de Balzac
d’Entragues, évêque de Metz de 1612 (à onze ans) à 1652, puis, ayant renoncé à sa charge, gouverneur du Languedoc.
L.S. « Le duc de Verneuil », Montpellier 28 février 1668, à M. de
C
alibert
R
oquetaillade
; 1 page in-4.
100/120
Il lui demande de se rendre auprès de l’évêque de Lavaur pour accommoder son différend avec le S. de Montbrun.