Lot n° 210

Le LIVRE DU IOUVÊCEL Traictãt de diverses matieres bellicques et munitions tant pour assieger forteresses que duire gês au fait de guerre selon Vegece Frontin spartien et aultres acteurs antiques.

Estimation : 2 000 - 3 000
Adjudication : 7 646 €
Description
On les vent a Paris en la grãt rue saîct Jacques par Phelippe le Noir, 31 mars 1529.
Petit in-4, maroquin janséniste rouge, dos à 5 nerfs, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure ( Chambolle-Duru ).

Bechtel, 402/J-180 // Brunet, III-582 // Renouard, ICP, III-2002 // USTC, 46974.

87f. (mal chiffrés avec nombreuses erreurs)-(1f.) / A6, B-H4, I6, K-O4, P8, Q-V4 / 34 longues lignes, car. goth. / 126 × 180 mm.

Troisième édition, presque aussi rare que les deux premières, de ce traité d’art militaire écrit par Jean de Bueil, capitaine au XVe siècle qui fit toute sa carrière dans le métier des armes.
Fils d’un chambellan de Charles VI, Jean de Bueil combattit à Orléans aux côtés de la Pucelle, accompagna le roi Charles VII à Reims et s e signala par sa bravoure dans toutes les guerres contre les Anglais (Larousse). Surnommé le Fléau des Anglais , il devint amiral de France en 1450 et s’éteignit en 1474. Il rédigea à la fin de sa vie ce roman allégorique, historique et militaire, œuvre de fiction pleine de vie qui conte la carrière idéale d’un jeune noble qui s’engage dans le métier des armes, a quelques aventures puis deviendra un valeureux capitaine, épousera la fille d’un roi et finira régent du royaume de son beau-père.
Ce roman, que Louis Aragon considérait comme le premier roman réaliste en langue française, fut interrompu par la mort de son auteur en 1474, puis continué par Jean Tibergeau, seigneur de La Mothe, Martin Morin et Nicole Riolay. Enfin, Guillaume Tringant, qui fut écuyer de Jean de Bueil, y ajouta une conclusion où est expliquée toute l’allégorie du roman.
L’édition est ornée de plusieurs bois gravés. Le titre, imprimé en rouge et noir est illustré d’un bois représentant des soldats livrant bataille, 8 autres bois ornent les feuillets de texte, en réalité 5 bois différents, certains étant répétés. Cinq de ces bois qui sont de la main de Gabriel Simon avaient été utilisés pour Les Menus propos de la Mère Sotte de Pierre Gringore publiés chez Le Noir en 1525 (cf. le n° 188 du présent catalogue). L’exemplaire que nous présentons ne comporte pas de bois au verso du titre contrairement à celui de la BnF (Res-R-1198). Ce bois, imprimé tête-bêche, représente l’auteur lisant son livre avec l’allégorie de la Raison sur ses épaules.
Nous avons comparé notre exemplaire avec celui de la bibliothèque de Chantilly (III-F-106) et les deux volumes sont absolument identiques avec le verso du titre blanc. Il est probable que le bois supplémentaire au verso du titre de l’exemplaire de la BnF soit dû à une erreur de l’imprimeur, ce bois étant d’une part imprimé tête-bêche et d’autre part figurant déjà par trois fois dans le corps d’ouvrage aux feuillets D2v, A3r et V4r. Enfin l’exemplaire de la BnF est incomplet des folios XXXVI et XXXVIII (I3 et I4), bien présents dans l’exemplaire de Chantilly et le nôtre.
Par ailleurs, un dernier bois, qui semble d’une autre main, a échappé au recensement fait par Renouard dans l’ Inventaire Chronologique des Éditions Parisiennes du XVIe siècle qui cite les pages où sont placés ces bois et ne cite rien au folio 24 (F1v). Ce bois est bien présent dans l’exemplaire de la BnF et dans celui de la bibliothèque de Chantilly. Marque de l’imprimeur au dernier feuillet.
Très bel exemplaire dont on peut seulement déplorer que le feuillet A2 ait été mal imprimé et qu’il présente des traces de pliure qui, lors de l’impression du texte, ont provoqué des décalages dans les lignes.
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