Lot n° 208

[Jean de L’ESPINE DU PONT-ALAIS]. Contredictz de Sõgecreux. Pour eviter les abuz de ce monde, De Songecreux lisez les contredictz, Et retenez dessoubs pensee munde, Ceulx de present et ceulx du têps iadis…

Estimation : 3 500 - 4 500
Adjudication : 9 557 €
Description
Paris, en la grãt salle du palais en la boutique de Galiot du Pré, 2 mai 1530. Petit in-8, maroquin marron avec double encadrement à froid dans le genre Du Seuil, fleurons d’angle et fleuron central dorés, dos à 5 nerfs orné de même, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure ( Chambolle-Duru ).

Bechtel, 441/L-233 // Brunet, Supplément I-850 // De Backer, I-210 // Renouard, ICP, III-2180 // Rothschild, I-502 // Tchemerzine-Scheler, III- 599 // USTC, 8423.

(2f.)-CXCVIf. (mal chiffrés CCIIII)-(1f., sur 2, le dernier blanc manquant ici)
/ []2, A-Z8, ク8, ¿6 / 25 lignes, car. goth. / 95 × 155 mm.

Édition originale de cet ouvrage satirique de Jean de L’Espine Du Pont- Alais, dit Songecreux , autrefois attribuée par erreur à Gringore.
Jean de L’Espine du Pont-Alais (ou Pont-Allez), dont la vie nous est mal connue, fut le grand rival de Pierre Gringore. Prince des Sots dans la joyeuse confrérie parisienne des Enfants-sans-Souci où Gringore tenait le grade de Mère Sotte , L’Espine du Pont-Alais est l’auteur et joua lui-même de nombreuses farces qui irritèrent la cour de France et les autorités religieuses et lui valurent plusieurs séjours en prison. Il vécut longtemps en Lorraine où, pendant au moins dix ans, il fut le directeur obligé de toutes les solennités dramatiques de cette cour (Picot). Encore porteur de la verdeur du XVe siècle où il était sans doute né, L’Espine du Pont-Alais était un bon vivant qui composa en vers et en prose, sous son autre surnom de Songecreux, des œuvres mêlant ici verve grossière, là fine satire du temps (Bechtel). On a longtemps faussement attribué à Gringore les Contredictz de Songecreux avant que Picot, dans son catalogue Rothschild, ne les rendent à leur véritable auteur.
Les Contredictz sont un ouvrage satirique principalement en vers,
constitué d’un Prologue introductif en vers, de Lettres envoyez a songecreux en vers, des Premier, Second et Tiers livres des Contredits (le second composé en vers et prose, le premier et le troisième uniquement en vers) et enfin d’une Conclusion de lacteur en prose. L’Espine du Pont- Alais n’y épargne personne dans la société du temps: drapiers, bouchers, chasseurs, forgerons, nobles, gens de cour et gens d’armes, médecins, gens de guerre, entre autres, y sont férocement dénoncés pour leurs abus et leur âpreté au gain, l’argent étant devenu pour tous le maître du monde. Résolument antiféministe, l’auteur ne modère pas ses coups de griffe envers les femmes, le mariage et les hommes mariés.
Édition originale imprimée par Nicolas Couteau et parue à Paris chez Galliot Du Pré en 1530, et presqu’immédiatement suivie de deux autres éditions en 1532 chez Longis et Janot. Elle comporte le titre imprimé en rouge et noir, un bois signé d’une croix de Lorraine représentant l’auteur offrant son livre au roi avec des ruches à l’arrière-plan (f. []2v) et la marque de l’imprimeur au verso du colophon (f. ¿5v, Renouard, n° 262). Très bel exemplaire malgré un petit manque en pied d’un feuillet (C1)
dû à la taille initiale de la feuille.

Provenance :
Achilles de La Columbiere (?, annotation manuscrite du XVIe siècle au dernier feuillet : Celluy a choisi damer belle dame / Achilles de la Columbiere ) et Visconte L’Enor (timbre sec sur une garde).
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