Lot n° 195

Le JARDIN DE PLAISANCE ET FLEUR DE RETHORICQUE nouvellement Imprime…

Estimation : 5 000 - 7 000
Adjudication : 13 380 €
Description
Paris, Et le trouvera on a vendre au palais au premier pillier devant la chappelle ou len chante la messe de messeigneurs les presidens Ou au carrefour saint severin a lymage saint iehan levangeliste (Vérard), s.d. (ca 1502).
Petit in-folio, demi-veau havane à coins, dos à 5 nerfs, tête dorée ( Reliure anglaise de la fin du XIXe siècle ).

Barbier, II-980 // Bechtel, 389/J-72 // Brunet, III-506 // CIDN, II-101
// Graesse, III-453 // Macfarlane, 141 // Tchemerzine-Scheler, II-326 // USTC, 57869.

(54f.)-LV à CCLX (mal chiffrées LV à CXLIIII-CXXXI à CCXLVIII)-(7f. sur 8, le dernier blanc manquant ici) / a-z6, ク6, aa-ss6, tt8, [ ]8 / 49 ou 50 lignes sur 2 colonnes, car. goth. / 172 × 245 mm.

Édition originale de cet ouvrage sur l’art poétique, véritable anthologie dans laquelle on trouve aussi bien des pièces anonymes que des poèmes de Charles d’Orléans, Chartier, Coquillard, Crétin, Christine de Pisan, Gréban, Le Franc, Meschinot, Molinet, Saint-Gelais et Villon. Plus de quarante auteurs y sont représentés.
Le compilateur du Jardin de plaisance , qui se cache sous le surnom d’ Infortuné , est resté anonyme même s’il a glissé dans son ouvrage des pièces de sa production. Brunet avance avec prudence les noms de Jourdain et Jean de Calais, nommés aux feuillets 136 et 139, et Bechtel sans certitude celui de Regnauld Le Queux qui signa également l’Infortuné .
L’ouvrage est abondamment illustré d’une grande grotesque L sur le titre et d’innombrables petites grotesques dans le texte, de 4 grands bois dont deux représentent l’auteur offrant son livre (a1r, d3v), un autre la dame et la mort (pp5v) et un quatrième un gisant nommé l’amant nompareil (tt8v), de 5 petits bois et 42 autres de tailles plus importantes, placés dans la largeur de la page, représentant divers personnages au milieu de la nature ou de bâtiments. On notera que ces 42 bois sont en fait composés de multiples petits bois réutilisés et placés de manière variée, offrant ainsi des scènes différentes. Les personnages sont placés sous des bannières dont les noms changent au gré du texte : Lacteur, La Dame, Lamant, Grace, Jalousie, Espoir … On peut s’étonner d’une telle inventivité dans l’utilisation des bois gravés, mais ce n’est en fait que le procédé des caractères mobiles appliqué à l’illustration d’ouvrages.
Par ailleurs, Macfarlane indique que nombre de ces bois ont été déjà utilisés par Vérard pour illustrer la première édition française des comédies de Terence qu’il publia en 1500. Claudin souligne la grande qualité de ces bois: Vérard l’emporte par sa supériorité, par la délicatesse des tailles, enfin par l’esprit et le goût qu’il a su donner à ses figures (…) On voit défiler devant soi une partie de la population parisienne, tels qu’écuyers, gens d’armes, docteurs, marchands, hommes et femmes du peuple, chambrières et servantes, etc., dans leurs costumes traditionnels, qui passent, se rencontrent, s’interpellent, parlent et discutent (t. II, p. 488). La grande grotesque au feuillet A1 avait également été utilisée en 1493 par Vérard pour Lorloge de Sapience .
Reliure passée un peu frottée. Petites restaurations marginales au titre et aux 24 premiers feuillets, trous et galeries de vers aux 50 derniers feuillets, les deux derniers feuillets grossièrement restaurés avec manques au texte.

Provenance :
Ja. Ant. Benaly (ex-libris manuscrit sur le premier feuillet de texte) et Sir Thomas Neave (ex-libris).
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