Lot n° 66

STENDHAL. Le Rouge et le Noir. Paris, A. Levavasseur, 1831. 2 vol. in-8, I : (3) ff. …

Estimation : 15 000 - 20 000 EUR
Adjudication : 19 114 €
Description
STENDHAL. Le Rouge et le Noir. Paris, A. Levavasseur, 1831. 2 vol. in-8, I : (3) ff. (faux-titre, titre, avertissement), 398 pp. ; II : (2) ff. (faux-titre, titre), 496 pp., (1) f. ; demi-basane fauve, dos lisse orné, pièces de titre renouvelées de papier rouge, étui moderne en maroquin rouge des ateliers Laurenchet (Rel. de l'époque). Édition originale, ornée sur chaque titre d'une vignette d'Henri Monnier gravée sur bois par Porret. Précédé de : Racine et Shakspeare (sic). Paris, Bossange, Delaunay et Mongie, 1823. 55 pp. Édition originale. Intéressante réunion de deux œuvres emblématiques de deux styles : le fervent pamphlet en faveur du romantisme, Racine et Shakespeare, et le Rouge et le noir, roman réaliste. Bel exemplaire en reliure de l'époque. Il provient de la bibliothèque de Félix Faure (cachet humide sur le faux-titre), un des plus proches amis de jeunesse d'Henri Beyle. Résidant à Saint-Ismier, près de Grenoble, Félix Faure (1780-1859) fut magistrat, député de l'Isère de 1828 à 1832, premier président à la cour de Grenoble de 1830 à 1836, et pair de France en 1832. Stendhal suivit cette brillante carrière mais leur sensibilité divergente conduisit à l'éloignement : "C'est le plus plat de mes amis et celui qui a fait la plus grande fortune." (Vie de Henry Brulard). "Si nous possédions encore les centaines de lettres de Stendhal à son ami, lettres à jamais disparues dans un désolant autodafé, nous aurions une vue autrement plus juste de la place unique que Félix Faure a tenu dans la vie de Beyle. Les deux amis ont passé leur jeunesse dans une intimité profonde ; Félix a eu pour son compagnon toutes les sollicitudes possibles et, pour des raisons qui sont loin d'être éclaircies mais que personnellement je pressens, il a été bassement exécuté dans la Vie de Henry Brulard alors que rien ne laissait prévoir un tel degré d'ingratitude. Beyle a maintes fois témoigné de la plus tendre affection et d'une prédilection marquée pour cet ami qu'il connaissait depuis l'enfance et en qui il avait une confiance absolue. Il ne regrettait qu'une chose chez le " best friend ", c'est ce fond de tristesse et de mélancolie qui assombrissait parfois leurs relations. (Avant-propos de Jacques Félix-Faure : "Un compagnon de Stendhal, Félix Faure, pair de France". Aran, Éditions du Grand chêne, 1978). Ce titre est particulièrement important dans la bibliothèque de Félix Faure car le roman est inspiré d'un fait divers retentissant à Grenoble, l'affaire Berthet, procès que le conseiller Félix Faure faillit présider aux assises fin 1827 : "On sait qu'Antoine Berthet fut condamné à mort pour avoir tenté d'assassiner Mme Michoud de la Tour dans l'église de Brangues et qu'il inspira le personnage de Julien Sorel dans le Rouge et le Noir" (op. cit., p. 123). Des rousseurs et taches (dont encre de l'imprimeur p. 269, tome II). Légers frottements. Cordier, 87-2 - Cordier, 61.
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