Lot n° 656

LA MONNOYE Bernard de (1641 1728) poète et érudit, avocat au Parlement de Bourgogne [AF 1713, 30e f]. —

Estimation : 1 200 - 1 500 EUR
Adjudication : 1 495 €
Description

10 L.A. et 3 manuscrits autographes, plus un manuscrit avec annotations et corrections autographes, à Pierre-Joseph THOULIER, abbé d’OLIVET ; 30 pages, formats divers.

Belle correspondance littéraire entre deux académiciens.

Il va lui renvoyer l’album de « notre excellent Prélat », rempli de signatures curieuses et illustres : Scaliger, Casaubon, Grotius, Heinsius, de Bèze, etc. Il analyse les mérites et les failles de quelques-uns de ces écrivains... Il loue l’excellent Discours de réception à l’Académie de l’abbé d’Olivet (1723), et en particulier la « finesse du sens, la suite imperceptible des transitions, la netteté du style, le tour des paroles, la noble hardiesse surtout, où en faveur de nos Cicérons et de nos Virgiles, vous déclarez si généreusement la guerre à nos Sénèques, et à nos Lucains ». Il relève cependant un solécisme, et ironise sur la réponse de l’abbé de CHOISY... Il renvoie des livres, dont les Sermones convivales de PEUTINGER, qui sont « ennuieux à la mort » et grevés de fautes... Il renvoie un manuscrit du Père BOUHOURS et des journaux, ayant lu avec attention la lettre contre Tolland... Il commente son Margarita Facetiarum, « qui seroit un excellent livre, s’il étoit aussi bon qu’il est rare »... Il a confronté les traductions de l’abbé avec le grec et le latin des originaux, et loue sa manière hardie : « Comme cette hardiesse est presque toujours heureuse, et que votre glose vaut souvent mieux que le texte je veux bien là dessus estre un peu Escobar en votre faveur. J’attens au premier jour la Préface que vous méditez »... Il dresse une liste d’« Additions, ou Corrections aux Remarques sur les Catilinaires », dans laquelle il propose de nouvelles citations et traductions... Il eut tort de le « chicaner » sur quelques mauvais emplois de mots latins, et envoie une « remarque touchant Achille Tace et Héliodore » à communiquer au docte prélat... Il a acquis des épîtres de Nancel... Il analyse des vers du Plutarque grec-latin de 1624, et des traductions françaises libres... Il se montre très critique à l’égard des poésies de M. de MAUCROIX, dont il renvoie le manuscrit du poème Les Solitaires couvert de corrections et de commentaires, avec une longue liste de corrections et critiques...

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