Lot n° 534

VERLAINE, Paul. Romances sans paroles. Ariettes oubliées. Paysages belges. Birds in the night. Aquarelles. Sens, Typographie de Maurice L’Hermitte, 1874.

Estimation : 6 000 / 8 000 €
Adjudication : 7 895 €
Description
In-12 (188 x 116 mm) de 48 pp., (1) f. : demi-percaline verte à la Bradel, non rogné, couvertures conservées (reliure de la fin du XIXe siècle).

Édition originale tirée à 300 exemplaires sur vélin teinté, aux frais de l’auteur.

Imprimée à Sens durant la détention de Paul Verlaine à la prison de Mons, elle ne fut pas mise en vente et connut un échec complet. Par crainte du scandale, la dédicace à Rimbaud fut supprimée in extremis sur les épreuves corrigées.
Exemplaire de seconde émission : couverture avec étiquette imprimée au nom et à l’adresse de l’éditeur Léon Vanier qui, dix ans plus tard, fut chargé d’écouler une cinquantaine d’exemplaires pour le poète toujours impécunieux.

Le plus célèbre recueil de Paul Verlaine.

Il résulte d’une année de réflexion et de création (mai 1872-avril 1873) durant sa fugue avec Rimbaud dans les Ardennes, en Angleterre et en Belgique. Rimbaud a été pour beaucoup dans son évolution poétique, alors que le “voyant” n’avait pas encore écrit Les Illuminations ni Une Saison en enfer.
De surcroît, s’affirment une musicalité pure, la voix subtile et déliée des Ariettes, un art de suggestion :
“Il pleure dans mon coeur…” – “C’est l’extase langoureuse…” – “Voici des fruits, des fleurs…”

PRÉCIEUX EXEMPLAIRE COMPORTANT 37 CORRECTIONS DE LA MAIN de Paul VERLAINE.

En prison, Verlaine ne pouvant surveiller l’impression du recueil, confia à son ami Edmond Lepelletier la tâche de s’occuper des épreuves. Il en résulta une ponctuation souvent arbitraire et de nombreuses coquilles : “Les plus affligeantes sont à la dernière page : in cauda venenum.
N’y aurait-il pas moyen de corriger cela à la main ?” écrit-il à Lepelletier le 27 mars 1874, à réception des premiers exemplaires en prison.
Dix ans plus tard, en mars 1884, il envoie à l’éditeur Léon Vanier onze exemplaires corrigés par lui-même, dont un qui sera adressé à Huysmans. (Correspondance I, 2005, p. 850).
L’exemplaire de la bibliothèque Raoul Simonson, avec envoi à Adolphe Racot, comporte trente-trois corrections (cat. I, 2013, n° 293 : avec le détail des corrections).

Exemplaire plaisant, malgré des traces de mouillures et rousseurs sur les couvertures et le faux titre.

Bibliothèque nationale, En français dans le texte, n° 301.
-Steve Murphy, Romances sans paroles. Édition critique, 2003 : avec le relevé des corrections d’après cinq exemplaires repérés en bibliothèques publiques.
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