ALDE. Paris LIVRES ANCIENS et LIVRES DU XIXe siècle

55 122 [TRONCHAY (Michel)]. Histoire abrégée de l’abbaye de Port-Royal, depuis la fondation en 1204, jusqu’à l’enlèvement des religieuses en 1709. Paris, s.n., 1710. In-12, maroquin rouge, triple filet doré, dos lisse orné, dentelle intérieure, tranches dorées sur marbrure (Reliure du XVIIIe siècle). 500 / 600 Une des premières éditions de cet intéressant opuscule sur l’abbaye de Port-Royal des Champs et les persécutions subies par les religieuses au moment de leur expulsion. Cet petit ouvrage, qui connut un grand succès, est de l’abbé janséniste Michel Tronchay (1667-1733). Un des premiers propriétaires du volume, qui l’aura confondu avec l’Abrégé de l’histoire de Port-Royal, a inscrit à la plume sur le titre : Par M. Racine. On a relié à la suite : Les Amours du Chevalier du Tel, et de Dona Clementina. Histoire nouvelle & véritable. S.l.n.n., 1716. Unique édition de ce très rare roman à clef, dont l’auteur n’est pas connu. Il ne s’agit pas d’un roman d’amour, mais d’un libelle satirique janséniste : le Chevalier du Tel n’est autre que Michel Le Tellier, le confesseur jésuite de Louis XIV, et sa chère Doña Clementina, une allégorie de la constitution Unigenitus. La clef est révélée au début du texte. Drujon, I, 39. Exemplaire de choix réunissant deux textes rares sur Port-Royal et le jansénisme, finement relié dans la seconde moitié du siècle. Il est enrichi de deux gravures repliées : une vue intérieure de l’église de Port-Royal et un portrait de Michel Le Tellier gravé au burin par Étienne Desrochers. De la bibliothèque Loynel, avec ex-libris armorié. Les pp. 67 à 73 de l’Histoire de Port-Royal sont reliées dans le désordre. 123 [TURGOT (Michel-Étienne)]. Plan de Paris. S.l. [Paris], 1739. Grand in-folio, veau marbré, dentelle dorée, fleurs de lis aux angles, armoiries au centre, dos orné de fleur de lis dorées, coupes ornées, dentelle intérieure, tranches dorées (Reliure de l’époque). 5 000 / 6 000 Premier tirage du plan de Turgot, le plus célèbre des plans de Paris, composé de vingt superbes planches à double page gravées par Claude Lucas d’après les dessins de Louis Bretez et d’un plan d’assemblage replié. En 1734, la réalisation d’un nouveau plan de la capitale fut ordonnée par Michel-Étienne Turgot (1690-1751), prévôt des marchands de Paris, dont le nom est demeuré attaché à cette initiative résolument moderne « par sa volonté de proposer et d’imposer en France et à travers le monde l’image de Paris, modèle universel de Ville-Capitale » (Pierre Pinon). L’architecte et cartographe Louis Bretez travailla pendant deux ans à la levée très précise et au dessin de ce plan de Paris et ses faubourgs, et choisit l’utilisation de la perspective dite cavalière, sans point de distance. En 1736, Claude Lucas fut chargé d’interpréter ces planches à l’eau-forte et au burin, tandis qu’Aubin en gravait le texte. Exemplaire d’un excellent tirage relié aux armes de la ville de Paris. L’ensemble des planches est monté sur onglets et les planches 18 et 19 ont été assemblées, comme il se doit. Coiffes manquantes, coins émoussés, pâle mouillure au bas des planches 15 et 19. Boutier, n°219 – Pinon, 61. 124 VALERIANO (Pierio). Hieroglyphica, seu de sacris ægyptiorum aliarumque gentium literis, commentariorum libri LVIII. Francfort, Christian Kirchner, 1678. 3 parties en un volume in-4, vélin rigide, dos lisse titré à l’encre, tranches bleues (Reliure de l’époque). 400 / 500 Monumentale encyclopédie symbolique, illustrée de près de 300 emblèmes gravés sur bois dans le texte et d’un portraitfrontispice gravé en taille-douce par Hertzbergk. Giampietro Valeriano Bolzani, dit Pierio Valeriano (1477-1558), avait composé cet imposant répertoire alphabétique des symboles, le premier d’un genre appelé à devenir très populaire aux XVIe et le XVIIe siècles, alors que l’exaltation suscitée par la redécouverte des hiéroglyphes d’Horapollon (recueillis dans la troisième partie) était à son comble dans les milieux humanistes. L’ouvrage fut publié pour la première fois à Bâle en 1556, en latin, réimprimé sept fois jusqu’en 1678, et traduit en française et en italien. Cette ultime édition collective des œuvres de Valeriano comprend trois parties : les Hieroglyphica forment la première, les Hieroglyphicorum collectanea, édités par Curione, la deuxième et la troisième partie réunit les Hieroglyphica Horapollinis et les opuscules Pro sacerdotum barbis declamatio, Poemata varia, De litteratorum infelicitate et Antiquitatum Bellunensium sermones quattuor. Ex-libris manuscrit daté 1683 au titre. Intérieur roussi, titre et frontispice déreliés, premier plat taché. Landwehr, German, n°619 – Praz, p. 521.

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