237 52 238 MIRABEAU Gabriel-Honoré de Riquetti, COMTE DE (1749-1791). L.A. (brouillon de lettre pour Sophie MONNIER), [Pontarlier début 1776], à « Monseigneur » [Raymond de DURFORT, archevêque de Besançon] ; 2 pages petit in-4. Brouillon de Mirabeau pour Sophie Monnier, où elle se défend des calomnies divulguées à son sujet par le curé de Pontarlier. Elle s’adresse à son « chef spirituel » pour confier ses plaintes et ses peines. Jusqu’à présent elle ne s’est jamais laissé affecter par « les propos des oisifs et des méchans » de sa ville. Mais sa tranquillité a été récemment troublée : « Le curé de St Estienne qui au lieu des fonctions de ministre de paix qu’il devroit exercer met depuis vingt ans le trouble parmi les paroissiens, a osé dire à M. de MONNIER qu’un jeune homme désigné par le public pour mon amant, et disparu depuis quelque tems, étoit caché dans la ville, et que j’avois été le voir habillée en homme. Non seulement il n’a pas rougi de prophaner la sainteté de son caractere par cette atroce calomnie ; mais il a osé la délivrer devant mes femmes »… Elle prit immédiatement le parti de faire cesser ces rumeurs en se rendant chez sa mère : « Mais comme il importe Monseigneur à mon honneur, à ma tranquillité, à l’opinion d’un époux respectable qu’on me force de quitter, bien qu’il ait voulu me retenir, de démêler cette abominable trame et d’en être vangée, je m’adresse en confiance à mon premier pasteur, au supérieur de celui qui m’a si cruellement déchirée. […] Vous savez mieux que moi qu’un curé au sein des mœurs publiques en chaire, juge des conduittes particulières dans le confessional, se dégrade plus qu’un autre citoyen, à raison de la dignité du sacerdoce, et mérite une punition plus sévère lorsqu’il ose être un vil délateur. Nul autre qu’un mari n’a le droit d’inspecter sa femme, et les odieuses relations du curé de St Estienne fussent-elles aussi vraies qu’elles sont fausses, il n’en a pas moins commis un grave délit, contre lequel je réclame votre justice »… Au bas du brouillon, notes de Mirabeau sur les fermiers généraux, les salines et les droits sur le sel. 600 - 800 € 239 MIRABEAU Gabriel-Honoré de Riquetti, COMTE DE (1749-1791). L.A.S. « Gabriel », [donjon de Vincennes] 23 février 1780, [à Sophie MONNIER] ; 1 page in-12 avec cachet de cire rouge à son monogramme au verso. « Je t’envoie une lettre de Dupont [DUPONT DE NEMOURS] que tu as pensé faire mourir de peur en lui adressant à l’hôtel de Mirabeau, écris lui sous le couvert de M. Turgot ministre d’état en son Hôtel à Paris et sur la seconde enveloppe l’adresse de Dupotnt. Nous sommes raccomodés ; ainsi fais lui ta jolie mine, que je baise bien dort jusqu’à la morsure inclusivement ». Ce billet, scellé par le cachet de Mirabeau, devait envelopper la lettre de Dupont de Nemours. On joint un portrait par Bonneville, gravé par Mariage. 700 - 800 € PROVENANCE collection Alfred BOVET, n° 295. 240 PROUDHON Pierre-Joseph (1809-1865). L.A.S. « P.-J. Proudhon », Besançon 12 janvier 1843, à M. BINTOT, libraire ; 2 pages et demie petit in-4 à en-tête Imprimerie de P.-J. Proudhon, adresse (lég. rousseurs). Au sujet de la vente de son imprimerie. Il a reçu l’offre de Bintot et celle de M. Brocard, qui l’inquiète : « Ne pouvez-vous reprendre la suite de mes affaires sans l’assistance de M. Brocard ? » Il aimerait en effet se passer cet intermédiaire qui est fondeur : « s’il ne prenait que ce titre, tout son rôle se réduirait à offrir tant par kilogramme de vieille matière ; non pas comme imprimeur ni libraire, il déclare que l’imprimerie ne lui convient pas », mais il espère réaliser un bénéfice sur le vendeur ou sur l’acheteur. « Pourquoi me fait-il entendre que, ajoutant sa garantie à celle de M. Bintot, il est juste qu’il en retire un émolument ? » Bintot aurait dû s’adresser directement à Proudhon, qui rappelle ses propositions : « Prenez ce qui vous conviendra chez moi aux mêmes conditions ; assurez-moi dans six mois, par exemple, une quantité de vieille matière, au prix de 75 c. le kilo, que je me chargerai de vendre : tellement que ce que vous me devrez, tant en plomb qu’en argent, fasse pour moi la somme de 9000 fr. que je demande. [...] Je me tenais à la somme de 9000 fr. ; mais j’y joignais ce que vous me demandiez jadis, le brevet ; plus un labeur à faire de 15 feuilles in-16, et pour lequel je me proposais de faire agréer votre philosophie ». Il l’encourage donc à traiter avec lui : « Ne vous effrayez pas du placement de votre vieille matière : la part qu’aurait eue votre co-acheteur ne sera pas absorbée par les fais de transport, et maître de vous-même, il vous en coûtera moins de payer 500 fr. de plus, que d’entrer en compte de participation »… [L’imprimerie de Proudhon sera rachetée le 1er mars 1843 par le libraire bisontin Bintot.] 500 - 700 € 237 MERMOZ Jean (1901-1936). POÈME autographe, [Mademoiselle] ; 1 page in-8. Poème de 16 vers, déclaration d’amour d’un jeune Mermoz étudiant. « Peut-être Mademoiselle, vous moquerez-vous de moi Quand vous lirez ces vers ? Peut-être direz-vous sans émoi : “Oh ! ces étudiants ils sont bien tous les mêmes »... 1 500 - 2 000 €
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