216 217 46 214 VERLAINE Paul (1844-1896). POÈME autographe, « L’amour de la patrie »…, [1889] ; 1 page in-8 (fente au pli). Manuscrit autographe des 9 premiers quatrains de « L’Amour de la patrie, »… trentième du recueil Bonheur (1891) ; écrit sur papier administratif d’hôpital, il est ici numéroté XVII, place qu’il occupait dans la version primitive du recueil. « L’amour de la patrie est le premier amour Et le dernier amour après l’amour de Dieu. C’est un feu qui s’allume alors que luit le jour Où notre regard luit comme un céleste feu »… On joint un jeu d’épreuves corrigées du poème présenté « au concours de l’Écho de Paris ». Il comporte 16 quatrains et présente des variantes avec la version définitive. Verlaine y a porté quelques corrections, et ajouté en épigraphe un vers extrait des Birds in the night des Romances sans paroles. Le jeu d’épreuves a été adressé à Verlaine par l’éditeur, avec cette note : « Cher Maître, Reçu votre rectification. Votre note passera. Prière renvoyer les épreuves au plus tôt. Excusez télégramme et cordialement ». 1 200 - 1 500 € 215 VERLAINE Paul (1844-1896). L.A.S. « Paul Verlaine », 1er mars 1890, à un directeur de revue ; 1 page in-8. « Monsieur Maurice Barrès m’apprend que les vers que je vous avais envoyés ne sauraient convenir aux lecteurs de votre revue. Sur votre désir à moi par lui transmis, j’ai regardé dans mes vers inédits ce qui pourrait faire l’affaire et je n’ai rien trouvé. Je pense donc que nous pouvons passer outre et j’espère que portrait et biographie paraitront bientôt, le moment d’ailleurs m’en semblant tout indiqué »… 400 - 500 € 216 VERLAINE Paul (1844-1896). POÈME autographe signé « Paul Verlaine », À Édouard Rod ; 1 page et quart in-8. Beau poème d’Invectives. Destiné au recueil Invectives, publié chez Léon Vanier en 1896, ce poème de 6 quatrains (n° VII du recueil, numéro porté au crayon bleu sur le manuscrit) s’attaque à l’écrivain et critique littéraire suisse Edmond ROD (1857-1910). Le manuscrit présente quelques ratures et corrections. « Comme on baise une femme sur les cheveux, Sur les yeux, le cou, les seins, et tout partout, A rebrousse-poil, bien entendu ! je veux Caresser ce Suisse et ce sot, de bout à bout. C’est un écrivain comme l’on l’est en Suisse, C’est un professeur ainsi qu’on est un pion. […] Ce Rod, qui n’est pas le fils du vieil Hérode, […] M’a traité, lui, débutant dès son exode, De bon écrivain, mais d’horrible vaurien... Or je reconnais peu le droit à ce cuistre D’apprécier ainsi mon pire et mon mieux, [..] Et zut à la fin (et mieux) pour ses morales Qui ne sont qu’un tas blafard d’hypocrisies ! En toute liberté, même aux immorales Liberté, libertas aux poésies ! » 1 200 - 1 500 € 217 VIGNY Alfred de (1797-1863). POÈME autographe signé « Alfred de Vigny », Moïse, fragment ; 2 pages oblong in-4 (légères rousseurs). Feuillet d’album, avec 25 vers extraits du poème Moïse. Moïse ouvre le « Livre mystique » en tête du recueil des Poèmes antiques et modernes (1826). Ce feuillet donne les vers 45 à 56, 91 à 95 et 99 à 106 du poème. « Et debout devant Dieu, Moïse ayant pris place Dans le nuage obscur lui parlait face à face. […] Et j’ai dit en mon cœur : Que vouloir à présent ? Pour dormir sur un sein mon front est trop pesant Ma main laisse l’effroi sur la main qu’elle touche, L’orage est dans ma voix, l’éclair est sur ma bouche ; Aussi loin de m’aimer, voilà qu’ils tremblent tous Et, quand j’ouvre les bras, on tombe à mes genoux. – Ô Seigneur ! j’ai vécu puissant et solitaire Laissez-moi m’endormir du sommeil de la terre » 1 000 - 1 500 €
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