AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS – LIVRES

205 204 ROUSSEAU Jean-Jacques (1712-1778). MANUSCRIT autographe ; 1 page et demie in-4 écrite sur la partie droite. Note en vue de l’ouvrage sur les femmes que Rousseau entreprit entre 1746 et 1750 pour sa protectrice Mme Louise Dupin, et qui ne vit jamais le jour. Ce fragment (le début de la première phrase manque) se rattache à l’histoire de la reine Cléopâtre. « abominable, mais qui avoit alors des éxemples et qui fut aparemment colorée de façon à disculper la Reine puisque elle épousa depuis un Prince de la plus grande reputation qu’il y eut en Orient. Cependant à l’aide des Romains Ptolomée rentra dans ses Etats, il fit tuer la Reine sa fille et les plus riches du Pais, s’empara de leurs biens et mourut Possesseur de l’Egypte peu de tems après cette horrible action. Il avoit fait le Peuple Romain son Exécuteur testamentaire, sa principale volonté étoit que Ptolomée son fils qui fut depuis nommé Denis épousat sa sœur l’ainée des filles qui lui restoient celle-cy fut la Belle Cleopatre, qui après la mort de son mari obtint de Cesar la restitution de son Royaume qu’un autre de ses frères avoit usurpé. Après la mort de cette dernière Cléopatre l’Egypte ne fut plus qu’une province de la dépendance de l’Empire Romain. » 500 - 600 € 205 SADE Donatien-Alphonse-François, marquis de (1740-1814). L.A.S. « de Sade », [donjon de Vincennes] 12 décembre 1781, à sa belle-mère Madame de MONTREUIL ; 1 page in-4. Il lui demande d’acquitter un mandat, pour ne pas importuner sa femme, qui « peut etre genée si elle n’a pas d’argent. […] Votre tendresse pour elle me fait esperer que vous voudres bien pour cette fois lui eviter ce petit soin […] J’en appelle a cette meme tendresse pour vous supplier instamment madame de ne la laisser manquer de rien et surtout de ne lui rien epargner ». Il la supplie de « lui tout fournir, au dela meme de ses besoins, et de ses desirs ». Il signera toute reconnaissance qu’on voudra. « Je n’ai de cher et de sacré, qu’elle dans le monde, sang, fortune, liberté, enfans, je suis pret a tout sacrifier non pour sa vie, rien de tout cela ne la pourrait payer, mais pour l’allegement de sa moindre douleur, ou la satisfaction de son plus leger desir »… La lettre a été recopiée par Sade pour sa femme, comme l’indique le post-scriptum : « Voila ce que j’ecrivois a ta mere »… 1 000 - 1 200 € 206 SADE Donatien-Alphonse-François, marquis de (1740-1814). L.A., [Paris] 3 frimaire an V (20 décembre 1796), à Charles GAUFRIDY à Apt; 1 page in-4, adresse au verso. Pathétique appel au secours. « Je meurs de faim, je n’ai ni bois pour me chauffer, ni viande pour mettre dans mon pot et je suis malade. Je vous prie puisque vous avez ma procuration d’Arles, puisque je suis assez malheureux pour vous avoir confié ce bien dont je ne m’aperçois que trop que je ne retirerai pas plus que des autres puisqu’il est entre vos mains, je vous prie dis-je de partir à l’instant pour Arles à l’effet de retirer de Lombard et le 750 qu’il me doit encore du bled, et le 1650 de sa paye de noel et de me faire aussitot partir cet argent par la poste coute que coute n’ayant pas le temps dans l’affreux état où je suis de l’attendre plus longtemps. O vous qui vous dites mon ami j’aimerois mieux que vous prissiez un poignard et vinssiez m’en percer que de me faire languir comme vous le faites il est indigne atroce à vous de vous coduite de cette manière avec moi »… 800 - 1 000 €

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