198 39 Livres & Manuscrits • 26 février 2025 196 MALRAUX André (1901-1976). MANUSCRIT autographe, [Lettre à Roger Caillois sur le Musée imaginaire, 1973] ; 7 pages in-4 avec 2 béquets dactylographiés. Sur le Musée imaginaire. Ce texte a été publié en tête du catalogue de l’exposition André Malraux organisée à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence en 1973 (p. 21-23). Malraux y répond à la préface de Roger CAILLOIS : « André Malraux. Esquisse de quelques-unes des conditions requises pour concevoir l’idée d’un véritable Musée imaginaire » (p. 13-19). Le manuscrit, au stylo bille noir, présente des ratures et corrections, avec un passage biffé, et 2 béquets dactylographiés , notamment pour modifier le début du texte. Malraux répond à la question posée par Caillois à propos du Musée imaginaire : « quelle valeur y prend l’art ? ». Pour Malraux, il faut plutôt ses demander « ce qu’il fera de nous, et surtout de nos successeurs ». Après avoir passé en revue les trois Musées imaginaires successifs, il affirme : « L’âme du musée imaginaire est la métamorphose des dieux, des morts et des esprits, en sculptures, quand ils ont perdu leur sacré. D’où un langage nouveau, distinct de ceux qui avaient suscité les œuvres : le langage de la corrélation spécifique des formes et des volumes, des formes et des couleurs, recherchée par les artistes dans leurs propres œuvres, et retrouvée dans les cathédrales et les grottes d’Asie, dans les statues sumériennes ou maltaises, dans les fétiches et les masques »… Etc. Et il conclut que le visiteur de l’exposition y découvrira son propre trésor […] il en tirera une valeur inconnue, celle qui aura suscité ce trésor [...] C’est pourquoi je ne puis voir dans notre Musée imaginaire une aventure grandiose et insensée […] Notre Musée impaginaire est lié à l’art moderne qui l’accompagne ou le suscite, par des liens plu complexes que ceux de la ressemblance. […] les gestes des créateurs contemporains projettent elur lumière, à travers la métamorphose, sur le plus vaste Musée qu’une civilisation ait connu »… Œuvres complètes (Pléiade), t. V, p. 1210-1213. 1 000 - 1 500 € 197 MÉRIMÉE Prosper (1803-1870)]. BAC FERDINAND (1859-1952). DESSIN original légendé et signé en bas à droite « Ferdinand Bac » ; 21,5 x 16,8 cm. Portrait de profil de Prosper Mérimée. Dessin à la plume et encre brune représentant Mérimée de profil (droit), signé et légendé « Prosper Mérimée 1868 d’après un croquis de mon père. Ferdinand Bac ». Très vivant portrait de Mérimée deux ans avant sa mort, l’œil vif et la bouche serrée, à la fois hermétique et curieux, au terme de sa riche carrière. C’est par son père, Charles-Henri BACH (1811-1870), fils naturel de Jérôme Bonaparte, que Ferdinand Bach fut introduit auprès de la cour du Second Empire, dont il connut les principales personnalités. 400 - 500 € 198 MISHIMA Yukio (1925-1970). L.A.S. « Yukio Mishima », New York 25 décembre 1957, à Tennessee WILLIAMS ; 4 pages in-8 à en-tête de l’Hotel Van Rensselaer. Très rare lettre, sur ses rêves déçus de succès théâtral à Broadway. [En juillet 1957, alors qu’une traduction anglaise des Cinq Nô modernes était publiée chez Knopf, Mishima fut invité aux ÉtatsUnis par son éditeur : il put rencontrer Norman Mailer, Christopher Isherwood et Tennessee Williams, mais constata également que sa notoriété n’était pas aussi importante qu’il l’avait espéré. Il se laissa convaincre de voir monter une pièce de lui à Broadway, par des semi-amateurs qui se proposaient de condenser trois de ses œuvres. Cependant la distribution traîna en longueur, le financement se fit désirer, et Mishima indisposa l’équipe en posant des exigences concernant la mise en scène. À court d’argent il abandonna ses rêves et partit le 1er janvier 1958 pour l’Europe (Madrid, Rome, Athènes) avant de regagner le Japon le 14 janvier.] Il dit au revoir à son cher Tennesse, ayant soudain pris la décision de partir et de retourner au Japon par l’Europe, en raison du report inattendu de sa pièce. Durant son séjour, la chaleureuse et douce amitié de Williams l’a beaucoup réconforté et quelquefois encouragé. Le plus grand plaisir qu’il ati eu à New York, c’est de l’avoir connu personnellement. Il regrette cependant de n’avoir pu voir sa nouvelle pièce qui débutera après son départ. Il a entendu parler par John Goodwin de l’histoire de Soudain l’été dernier…, qui lui a rappel une nouvelle japonaise du 18e siècle, intitulée Le turban bleu, dans le recueil de nouvelles Ugetsu monogatari d’Akinari Ueda. Le thème en est très familier de la nouvelle pièce de Williams. C’est l’histoire d’un prêtre de haut rang qui vivait au sommet d’une montagne. Il aimait tellement un jeune disciple qu’après la mort du jeune garçon il mangea le cadavre du garçon en entier sauf les os. Mais il craint que ce ne soit trop difficile à traduire en anglais, parce que c’est écrit dans un style archaïque… « I have to say good-bye, since I suddenly made up my mind to leave here and go back to Japan through Europe because of unexpected postponement of my play. While I’ve been staying here, your warm and sweet friendship comforted and sometimes encouraged me very much. It is my gretatest pleasure I’ve had in New York that I should know you personally. One thing regrettable is I couldn’t see your new play which will start after my leaving. Recently I’ve heard about the story of Suddenly last summer..., from John Goodwin, then I recalled a famous japanese short-story written in 18. century. The title is The Blue Turban (AO-ZUKIN), the author is Akinari Ueda whose collection of short stories called UGETSU MONOGATARI includes this one. I am not sure you have its English translation or not, but if you get it, you would find very familiar theme to your new play. It is the story of a high priest who lived on a top of a moutain. He loved so much a young disciple that, after sudden death of the young boy, he ate boy’s corpse completely but only bones. But I’m afraid it would be too difficult to translate in English, because it is written in so old aesthetic style »... 500 - 600 €
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