AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS – LIVRES

195 38 193 KLOPSTOCK Friedrich Gottlieb (1724-1803). L.A.S. « Klopstock », Hamburg 7 mai 1773, à Gottfried August BÜRGER ; 2 pages in-8 en partie imprimées, une demi-page autographe ; en allemand. Au jeune poète Gottfried August BÜRGER (1747-1794). Au bas d’une lettre-circulaire imprimée lançant un appel aux lettrés, savants et amateurs pour souscrire à son prochain ouvrage, qu’il va publier par abonnement (il s’agit du 1er volume de sa Deutsche Gelehrtenrepublik), Klopstock ajoute un post-scriptum autographe de 11 lignes, chargeant Bürger de répandre cette circulaire. « Um Ihnen meine Dankbarkeit für Ihr freundschaftliches Zutraun zu bezeigen habe ich angefangen etliche Anmerkungen (Hr. Cr. bringt Sie Ihnen) über Ihren Homer aufzuschreiben. – Ich empfehle Ihnen diese Subscript., als eine gemeinschaftliche Sache der Gelehrten. Ich habe Göttingen in die Beylage gesetzt, weil das Ihr nächster Ort ist. – Verlangen Sie noch andre Blätter von mir; so haben Sie die Güte, mir die Örter, wo sie hinsollen, anzuzeigen. Denn die p.c. steigen nachdem ein Ort entfernter ist. » Traduction libre : Afin de vous témoigner ma gratitude pour votre confiance amicale, j’ai commencé à rédiger un certain nombre de notes sur votre Homère (M. Cr[amer] vous les apporte). – Je vous recommande cette souscription, comme cause commune des savants. J’ai mis Göttingen dans la pièce jointe car c’est votre prochaine résidence. – Demandez-moi d’autres bulletins ; et vous aurez la gentillesse de m’indiquer les endroits où vous devriez aller. Parce que le coût augmente avec l’éloignement. Klopstock, Briefe (HKA), VI, Nr. 38. – Bürger, Briefwechsel, I, Nr. 132. 700 - 800 € 194 KLOPSTOCK FRIEDRICH Gottlieb (1724-1803). MANUSCRIT autographe signé « Klopstock », Fragen, Hambourg mai 1797 ; 1 page oblong in-8 ; en allemand en caractères romains. Poème de 5 vers, recueilli dans les Epigramme. Notre manuscrit porte le titre Fragen (Questions) ; dans les Epigramme, le titre deviendra Überlebung (Survie). « Langsam reift die Entscheidung der Nachwelt über ein Kunstwerk. Aber was bringet Sie öfter zur Reife? Ist es der Ausspruch Derer, die Schreiben? oder ist es der Redenden Urtheil? Überlebt hab’ ich der Unsterblichkeiten nicht wenig, Welche die Presse verhiess, u. der Ungedruckte belachte. » Traduction libre : La décision de la postérité concernant une œuvre d’art mûrit lentement. Mais qu’est-ce qui la fait mûrir ? Est-ce le proverbe ? Les écrivains ? ou le jugement des parleurs ? J’ai survécu à de nombreuses immortalités, promises par la presse et raillées par ceux qui ne sont pas édités. 800 - 1 000 € 195 MALRAUX André (1901-1976). MANUSCRIT autographe, Préface, [1969] ; 10 et 4 pages in-4. Préface au Triangle noir. Le Triangle noir, édité chez Gallimard en 1970, reprend trois textes parus respectivement en 1939, 1947 et 1954, Laclos et les Liaisons dangereuses, Goya en blanc et noir et Saint-Just et la force des choses. Dans sa Préface, rédigée en 1969, Malraux s’explique sur les raisons qui l’ont fait s’intéresser à ces trois figures. Le manuscrit, au stylo bille bleu, avec de nombreuses ratures et corrections, est paginé au crayon de [1] à 11 ; certaines pages sont formées par l’assemblage de plusieurs fragments, parfois de quelques lignes, collés bout à bout. Il présente des variantes avec le texte édité. Ainsi, pour le début : « La fin du XVIIIe siècle fait-elle partie des époques qui me retiennent ? Il ne me semble pas. Néanmoins, en trente ans, le hasard et l’amitié m’ont fait réfléchir sur trois figures bien différentes, qui jettent leurs lumières divergentes sur la plus obscure crise de l’individu que l’Europe ait connue avant celle qui s’impose à nous. Laclos ne fait que poser le problème. Comme devant tant d’œuvres de notre temps – pas seulement littéraires – le lecteur des Liaisons eût pu dire : « Ça ne peut pas durer ainsi ». C’est ce que répond Goya, en faisant de la condition humaine l’objet d’une accusation fondamentale, à laquelle il refuse de répondre par une transcendance ; c’est ce que répond Saint-Just, en faisant appel à la quasi-transcendance qu’est à ses yeux la Nation »… Etc. Un ensemble de 4 feuillets, paginé « ex 5 » à 8, donne un développement qui sera intégré à la Préface, depuis :« Il reste que tout sadisme, – et Sade lui-même le montre mieux encore que Laclos – semble la volonté délirante d’une inatteignable possession », jusqu’à : « L’obsession de l’insaisissable devait faire surgir assez vite la question à l’affût depuis le début du siècle : que peut la Raison pour l’individu – que peut-elle contre la destinée ? »… On joint le tapuscrit corrigé (8 pages in-4), avec de nombreuses corrections et additions autographes, et des remaniements par collage. On joint aussi 7 notes de travail autographes (in-16 ou in-12), dont nous citerons la plus développée : « Le départ de la préface au Triangle Noir est sans doute : une civilisation qui ne veut pas survivre comme civilisation est condamnée à mort. Goya et Laclos comme témoins, Saint-Just comme tentative désespérée (de quoi ?) ». Plus 2 petits béquets autographes écartés du manuscrit, sur Sade et sur la Raison. Œuvres complètes (Pléiade), t. VI, p. 525-529. 1 000 - 1 500 €

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