187 185 36 185 HUGO Victor (1802-1885). L.A.S. « Victor Hugo » Marine Terrace [Jersey] 14 juillet 1853, [à Ernest DORÉ] ; 1 page in-12 sur papier bleu. Autorisation de mettre en musique trois poèmes. [Le compositeur Ernest DORÉ (1830-1884) était le frère du dessinateur Gustave Doré.] Il reçoit sa lettre par Bruxelles avec un retard de six mois… « Je m’empresse de vous accorder pour les trois pièces : à toi, Encore à toi, Puisqu’ici bas toute âme, l’autorisation que vous voulez bien désirer. Cette autorisation est valable pour deux années à partir de la date de cette lettre ; mes traités avec mes éditeurs m’obligent à cette limitation »… Les deux premiers poèmes ont été publiés dans les Odes, le troisième dans Les Voix intérieures. On joint 2 lettres (L.A.S.) relatives au même sujet. – Julie HUGO (belle-sœur de Victor, veuve de son frère Abel), Samedi [mars 1853], transmettant à Mme de La Balme les termes d’une lettre de Hugo accordant à Ernest Doré pour deux ans « l’autorisation de faire graver et vendre avec sa musique les paroles À toi et Puisqu’ici bas toute âme » (1 p. in-8). – Paul MEURICE (Paul), Paris 11 juillet 1856, à Ernest Doré, lui transmettant l’autorisation de Victor Hugo de mettre en musique La Prière pour tous : « Si sa musique vaut la peinture de son frère, elle est bien belle » (½ p. in-8, enveloppe). 800 - 1 000 € 186 HUGO Victor (1802-1885). L.A.S. « Victor H », [Guernesey] Dimanche 1er juin [1856], au Colonel Luigi PIANCIANI à Londres ; 1 page in-8, adresse avec timbre. « Voici, cher colonel, l’épreuve corrigée. Les corrections sont fort importantes comme vous en jugerez. Je vous remercie de toutes vos bonnes et gracieuses paroles »… [Il s’agit de l’adresse À l’Italie, rédigée à la demande de Mazzini. Le comte Luigi PIANCIANI (1810-1890) était un patriote italien ; après avoir participé à la défense de Venise comme colonel, il avait dû s’exiler ; il s’installa à Jersey, et faisait partie du cercle des proscrits autour de Victor Hugo ; administrateur du journal républicain L’Homme, il fut expulsé en octobre 1855 après la publication d’une adresse à la reine Victoria ; Hugo protesta contre cette expulsion mais dut bientôt quitter l’île lui aussi. Plus tard, Pianciani combattit aux côtés de Garibaldi, et dans la guerre d’indépendance ; il fut un des premiers maires de Rome.] 500 - 700 € 187 HUGO Victor (1802-1885). L.A.S. « Victor Hugo », Hauteville house (Guernesey) 25 juin [1859]. à Henry de PÈNE à Paris ; 2 pages in-8 sur papier bleu, adresse avec timbre. Belle lettre de solidarité littéraire. [Le journaliste Henry de PÈNE (1830-1888) s’était illustré en mai 1858 par un double duel avec deux officiers. Provoqué en duel par un officier qui avait jugé un article outrageant pour l’armée, il le blessa au bras. Un autre officier, Hyenne, témoin de l’adversaire malheureux, se mit alors à insulter le journaliste et les lettres. De Pène reprit aussitôt l’épée en main et recommença un second combat, où il fut grièvement blessé et demeura plusieurs jours entre la vie et la mort. C’est à ce double duel que Hugo fait ici allusion.] « J’ai su que dans un article sur la comédie d’Auguste Vacquerie [Souvent homme varie, au Théâtre-Français], vous aviez bien voulu prononcer mon nom, l’article ne m’est pas parvenu, et je le regrette vivement, mais trouvez bon que je profite de cette occasion pour vous dire à quel point ma sympathie vous est acquise. Vous n’êtes pas seulement pour moi un homme d’un rare esprit et d’un charmant talent, vous avez à un certain moment représenté tous les écrivains, vous avez personnifié la poésie luttant contre la force brutale ; et je ne saurais, Monsieur, vous exprimer tout ce que j’ai eu dans l’âme pendant la cruelle épreuve dont vous êtes sorti avec tant de courage et tant d’honneur. Mon regard depuis est resté fixé sur vous avec un intérêt profond. Plus d’un dissentiment nous sépare, je le sais, mais je me sens étroitement uni à vous par la solidarité littéraire. J’honore en vous la bravoure de l’homme appuyant le talent de l’écrivain »… 1 000 - 1 200 € 184 HUGO Victor (1802-1885). L.A.S. « le Vte Victor Hugo », Paris 15 mars 1845, au comte BRESSON, ambassadeur de France à Madrid ; 1 page in-4, enveloppe autographe avec contreseing. Il remercie l’ambassadeur : « tout ce que vous m’écrivez est charmant ; tout ce que vous avez fait est noble et gracieux. Je suis comblé. Je sens tout ce qu’il y a d’honorable dans cette distinction accordée de cette façon spontanée et magnifique »… [Il s’agit de la croix de l’Ordre royal de Carlos III.] Il lui offre un exemplaire de son discours [pour la réception de Sainte-Beuve à l’Académie française le 27 février 18845] « que vous avez bien voulu lire avec tant de cordialité affectueuse et qui vous a inspiré l’idée qui me rend fier aujourd’hui », avec trois autres exemplaires destinés à Martinez de la Rosa et à « leurs majestés la Reine Isabelle et la Reine Christine ». Et il charge l’ambassadeur de dire à Martinez de la Rosa « combien son nom illustre ajoute pour moi de prix à la glorieuse distinction que vous m’annonces de sa part »… 700 - 800 €
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