34 178 FRANCE Anatole (1844-1924). 2 MANUSCRITS autographes, le 1er signé « Anatole France », [Vie de Jeanne d’Arc, 1892-1908] ; 112 feuillets petit in-4 (20,5 x 16 cm), reliés en un volume maroquin bleu nuit, plats semés de croix dorées, décor se poursuivant au dos lisse avec le titre JEANNE D’ARC en lettres dorées, encadrement intérieur ponctué des mêmes croix aux angles, doublure et gardes de moire bleue, chemise et étui assortis (chemise et étui légèrement frottés, signée René Aussourd) ; et 92 feuillets in-fol. (36 x 25,5 cm) montés sur onglets en un volume in-fol. vélin ivoire, triple filet doré encadrant les plats ponctués aux angles de fleurs de lys, dos lisse orné de même (E. Carayon). Précieuse réunion de manuscrits de travail pour la Vie de Jeanne d’Arc. Anatole France a travaillé pendant plus de vingt ans à cette Vie de Jeanne d’Arc, avec de nombreux textes parus dans des journaux ou revues, avant la publication de l’édition originale en deux volumes en février et mars 1908. Ces manuscrits témoignent du grand chantier que fut la mise au point de ce livre. A. Le premier manuscrit, sans titres, correspond, avec d’importantes variantes, au début de l’ouvrage. D’une écriture cursive à l’encre noire, il présente de très nombreuses ratures et corrections. La pagination discontinue, parfois multiple et corrigée, montre que France a réutilisé et refondu des manuscrits d’articles. – Version primitive du chapitre I L’Enfance (ff. 1 à 25 plus des bis et des ff. insérés pour les notes), qui commence : « De Neufchateau à Vaucouleurs, la Meuse, encore maigre et libre, serpente dans la vallée largement ouverte »…, et qui se conclut : « Messire Guillaume Frontey de Neufchateau qui avait remplacé messire Jean Minet à la cure de Domremy avait coutume de dire que Jeannette était une bonne chrétienne et qu’il n’avait jamais vu ni possédé meilleure qu’elle dans sa paroisse ». – Version primitive du chapitre II, Les Voix (ff. 1 à 64), commençant : « Un matin d’été, Jeanne avait treize ans et sortait de l’enfance. Elle jouait ce jour là dans la prairie »… et s’achevant ainsi : « Sainte Marguerite et Sainte Catherine répétèrent : – Jeanne la Pucelle, fille de Dieu, va en France. Et Jeanne frissonna, épouvantée d’ent[end]re sans la reconnaître, l’écho de sa pensée, la voix de son âme ». La reliure est signée René Gimpel del. et René Aussourd lig. René Gimpel évoque la visite qu’il fit, le 6 janvier 1931, chez le relieur René Aussourd : « Il a enfin terminé la reliure des quelques pages 179 GIDE André (1869-1951). L.A.S. « André Gide », 26 novembre 1934, à Thadée NATANSON ; 1 page in-8 à son adresse 1bis, rue Vaneau. « Mon cher Thadée, il y eut un temps où, par quantité d’amis communs, je pouvais du moins avoir de vos nouvelles. Mais, depuis si longtemps, je ne savais plus rien de vous… Votre mot affectueux me touche et me fait souhaiter de vous revoir. J’ai cherché dans l’annuaire des téléphones, mais en vain. Ce serait donc à vous de “m’attaquer” »... [Thadée NATANSON (1868-1951) avait été co-fondateur et directeur artistique de la Revue Blanche dès 1889 dont André Gide fut l’un des principaux collaborateurs. Cette importante revue littéraire et artistique disparut en 1903 après avoir publié 237 numéros.] 200 - 300 € manuscrites d’Anatole France sur Jeanne d’Arc que je possède et où j’ai dessiné des croix d’or. Il voudrait que je lui dessine le titre, je cherche, et soudain je trouve, comme c’est étrange, que le nom de Jeanne d’Arc forme la croix » (Journal d’un collectionneur, Hermann 2011, p. 626). B. Le second manuscrit, sans titres lui aussi, est paginé par A. France de 114 à 202 (dont 133 bis à quater). Il correspond à la rédaction du second volume, dont il donne les chapitres XI (dont le début manque) à XIV, traitant du procès de Jeanne jusqu’à la mort de la Pucelle ; il s’achève ainsi : « De peur que certaines gens ne vinssent à recueillir les restes de Jeanne et à les garder comme on garde les reliques des Saints, le bailli les fit jeter dans la Seine. » Le manuscrit, à l’encre noire, présente de nombreuses ratures et corrections, avec des passages biffés ; il a servi pour l’impression, mais présente d’importantes variantes avec l’édition. De nombreux feuillets sont composés de fragments découpés et contrecollés. On joint le prospectus de l’édition de luxe (Manzi-Joyant, 1909-1910). 2 000 - 3 000 € PROVENANCE René GIMPEL (1881-1945) ; puis son fils Jean GIMPEL (1918-1996). 178
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