32 169 COCTEAU Jean (1889-1963). L.A.S. « Jean Cocteau », [vers 1929, à Judith ÉRÈBE] ; 1 page in-4. Lettre pathétique lors de sa désintoxication de l’opium. « Mon silence venait d’une crainte de déranger un mystère. Il y a autour de vous et entre nous un vrai mystère de clairvoyance et de nuit. Quand j’étais très malade, à l’époque de mon exposition d’objets [Poésie plastique], vous avez sans le savoir amené du miracle dans ma chambre. Cette fois, vous me demandez une chose précise ». Il conseille d’écrire à Jacques MARITAIN à Meudon : « Lui seul trouvera le prêtre capable de rompre un charme. […] Mes souffrances sont parfois si intolérables et telle ma solitude que je me couche par terre et que j’essaye de mourir sans me suicider ». 400 - 500 € 170 COCTEAU Jean (1889-1963). L.A. (signée d’une étoile), [fin avril 1940], à « Mon bel ange » [Jean MARAIS] ; 1 page in-4. [Après la première, le 20 avril 1940, aux Bouffes-Parisiens, de deux pièces de Cocteau (décors de Christian Bérard « Bébé ») : Le Bel Indifférent, en un acte (monologue) avec Édith PIAF et Paul Meurisse, et Les Monstres sacrés avec Yvonne de Bray et Madeleine Robinson.]« J’ai mal aux yeux mais l’oculiste affirme que c’est dû à l’état général […] Il me faudrait du repos ! Quel repos tant que tu seras loin ? – Ce soir j’ai vu Jef [KESSEL] et Germaine Sablon au spectacle. […] Je ne te parlerai pas du spectacle. Il parait que les monstres marchaient bien. Piaf, c’est le silence et le vide. Je ne comprends pas. Je croyais à un triomphe. Le tout – Elle – moi – Bébé – reste invisible à un public peu nombreux et lugubre. J’espère encore qu’il arrivera un miracle. Je l’espère pour nous pour avoir des sous et prendre l’appartement du Palais-Royal – pour attendre que la vie recommence et nous permette de travailler ensemble. Mon Jean je souffre trop loin de toi ». 400 - 500 € 171 COCTEAU Jean (1889-1963). L.A.S. « Jean » avec DESSIN, Saint-Jean-Cap-Ferrat 27 mai 1955, [à Jean BOURGOINT] ; 1 page in-4. Belle lettre illustrée d’un grand profil au crayon vert. « Mon cher petit frère. Me voilà un peu plus tranquille avec ces discours académiques et sous mon soleil de la côte je pense à ton soleil intérieur et je m’y réchauffe l’âme. Plus je vais, moins je cherche à comprendre la grande vague de sottise et de cruauté qui nous recouvre. Je veux vivre dans le qui perd gagne d’une foi profonde en un équilibre incalculable et très doux. Vive la bêtise du cœur. Pitié pour les pauvres intellectuels. Je t’embrasse et me repose souvent auprès de toi »… 500 - 600 € 173 DESBORDES-VALMORE Marceline (1786-1859). POÈME autographe, L’Entrevue au ruisseau ; 2 pages petit in-4 sur papier bleu. Beau poème. Publié dans le Chansonnier des Grâces (1830), puis dans l’Hommage aux Dames (1833) avec une musique de Paër, et recueilli dans les Poésies inédites (1860), ce poème compte 20 vers : 4 distiques alternant avec 3 quatrains, dont le premier rappelle Les Roses de Saadi. Les distiques font fonction de refrain, le dernier étant modifié pour conclure le poème. Ce manuscrit présente des variantes. « L’eau nous sépare, écoute bien ! Si tu fais un pas, tu n’as rien. Voici ma plus belle ceinture, Elle embaume encor de mes fleurs ;. Cherche un baiser sous ses couleurs, Voilà ! je m’en vais sans parure. […] Ce que j’ai dit, retiens-le bien ! Pour aujourd’hui, je n’ai plus rien. » 800 - 1 000 € 172 DÉROULÈDE Paul (1846-1914). 12 L.A.S. « Paul Déroulède », 1880-1910, à Mme Élisa YUNG ; 18 pages formats divers, 3 à en-tête de la Ligue des Patriotes, une adresse (fentes aux plis et bords effrangés à qqs lettres). Élisa Yung, née Coignet, avait épousé Eugène Yung (1827-1887), directeur de la Revue bleue. Elle fut la grande amie de Déroulède, et fidèle militante de la Ligue des Patriotes. Déroulède évoque pour « Madame la générale » son plan de campagne, le succès de la Moabite. Il assure son amie de sa fidélité ; « Il n’appartient à personne de changer mes haines non plus que mes amitiés » (20.XII. 1881). Emprisonné à la Conciergerie, il assure : « Vent en poupe ou vent en proue, l’Idée ne sombrera pas quoi qu’il m’arrive. Que je sois acquitté ou non, c’est le parlementarisme qui sera condamné » (8 mars 1899). Exilé en Espagne à San Sebastian : « Ne plus voir la France est mon deuil, ne plus la servir est mon supplice » (1903)… On joint une L.A.S. à Juliette Adam (31 oct. 1900), au sujet de Mes souvenirs ; plus un ensemble de notes autographes de Juliette ADAM concernant Déroulède (textes de lettres, résumés de discours, brouillons de réponses, etc.). 200 - 300 € 171
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