163 30 161 BATAILLE Georges (1897-1962). L.A.S. « Georges Bataille », Les Sables d’Olonne 21 juillet 1960, à Jean-Marie DO LUCA ; 2 pages in-8 sur papier vert d’eau. Préparation des Larmes d’Eros. Il remercie de l’envoi des photos : « le lynch d’un noir fera un parfait pendant de la photo du supplice chinois que vous connaissez ». Il travaille d’arrache-pied et compte lui envoyer un complément de ses listes. En post-scriptum, il ajoute qu’il écrit à Pauvert « au sujet de Clovis TROUILLE dont j’ai vu chez lui une photo de tableau érotico-funèbre »…. 200 - 250 € 162 BEAUMARCHAIS Pierre-Augustin Caron de (1732-1799). L.S. « Beaumarchais », Paris 11 octobre 1772, à M. AIRAIN, Procureur à Tours ; 2 pages in-4, adresse. Lettre à son chargé d’affaires à Tours, qui s’occupait notamment de l’exploitation de la forêt de Chinon. Il se préparait à partir pour Tours, « lorsque la fievre, qui me prend depuis 3 ans tous les Printemps, et les automnes m’a forcé de suspendre mon voyage ». Il a trouvé quelqu’un pour remplacer « le pauvre La Cour », dont il faut se détacher : « C’est un homme qui a travaillé longtemps dans les bureaux des vivres en Allemagne, et qui avait passé sa jeunesse à tenir des livres de commerce en partie doubles ; grand calculateur et le meilleur homme du monde. C’est un present que mon beaufrere me fait ; et il s’en prive pour mes interets »… Il s’agit de M. de LESSART : « il a dans l’esprit toute la douceur et la conciliation qu’il faut pour capter la bienveillance de M. Carré en très peu de temps ; c’est un homme sur lequel vous pourrez entierement vous reposer tous les deux lorsque des affaires indispensables vous ecarteront de la Maison »… 500 - 600 € 163 BEAUVOIR Simone de (1908-1986). 2 L.A.S. « Votre charmant castor », [Espagne 13-14 et 30 juillet 1954], à Jean-Paul SARTRE ; 6 pages in-4 et 2 pages oblong in-8, et 5 pages et demie in-4, enveloppes. Lettres à Sartre pendant un voyage en Espagne. [Du 9 juillet au 12 août 1954, Simone de Beauvoir est partie avec Jacques Lanzmann en Espagne, alors que Sartre se repose en Italie avec Michelle Vian, après un accident de santé.] Mardi [13] et Mercredi 14. Elle raconte au « Cher petit vous autre » (en évoquant les souvenirs de précédents séjours avec Sartre) le voyage, qui a commencé par les gorges du Tarn, puis Perpignan, Cadaquès, Figueras, Gérone : « nous avons visité la cathédrale, superbe, avec une immense nef unique, au bout d’un escalier monumental. Nous avons même un peu écouté la messe, dite par cinq curés et chantée par dix autres. Petits cloîtres, petites églises, belles places, beaux remparts, Gérone est une vraie merveille »… Puis c’est Barcelone : les Ramblas grouillant de monde, le Barrio Chino, cabarets le soir. « Ce matin L. travaille pendant que je vous écris. […] C’est dur de trouver le temps de travailler, mais on y arrive »… L’impression joyeuse se dissipe après une visite de « quartiers misérables »… « Le paradoxe c’est que le plaisant de Barcelone vient de ce que les gens sont si sympathiques – mais que ça semble d’autant plus dégoûtant qu’on les laisse vivre dans cette ordure »… Dîner au Tibidabo « chez les riches, dans un jardin illuminé et on s’est bien diverti à les regarder »… Elle recommande au « cher petit vous autre » de bien se reposer. « Je pense tout le temps à vous mais je ne fais plus de cauchemar et j’espère que j’ai raison »... (Au dos de l’enveloppe adressée à Rome, notes et signatures de Sartre). Vendredi [30]. Elle est à Séville (Sartre à Capri) : « c’est toujours l’enchantement d’être en Espagne ». Avant de quitter Grenade, arrêt à l’endroit « où Boabdil regarda pour la dernière fois Grenade en pleurant ». Ils passent deux jours à travailler dans « une chambre sur une petite plage déserte » près de Malaga, assistant à une course de taureaux à la Linea près de « Gil Braltar ». Puis c’est Tarifa, Cadix, Ronda, avant d’arriver à Séville : « L’Alcazar ne mérite pas qu’on le visite, mais la Cathédrale est belle et surtout la Giralda. Mais l’essentiel ce sont les rues ». Dans l’Alameda, « les bars sont pleins de putains, monstrueuses ou charmantes, très misérables, avec des fleurs dans les cheveux » ; une petite les emmène dans un salon de danse : « Ensuite elle m’a supplié de l’emmener comme bonne à Paris »… Etc. 1 000 - 1 200 € 164 BRETON André (1896-1966). 4 L.A.S. « André Breton », Paris octobre 1956- avril 1957, à Pierre de MASSOT ; 2 pages in-4 et 2 pages in-8. Au sujet du nationaliste algérien Messali Hadj. 25 octobre 1956. Breton demande à P. de Massot de relater dans le second numéro de la revue Le Surréalisme même, son entretien avec Messali Hadj, et de « tracer de lui un portrait moins conventionnel que celui qu’on nous offre généralement ». Il y tient beaucoup, « et Péret aussi ». – 26 novembre. Il revient sur ce projet qui a été différé : « mes amis et moi y attachons un grand prix »… – 13 mars 1957. Il retourne une photographie qu’il a été impossible de reproduire dans la revue, « deux autres images de Messali étant déjà au clichage ». Le Feydeau va fermer pour travaux de modernisation, et Breton ne sait encore où ils se réuniront samedi... – 21 avril. Rendez-vous manqué : « de plusieurs jours je n’ai regardé mon carnet. Le plus fort est qu’en entrant hier soir au Vaudeville, j’ai dit à Péret que vous deviez venir à six heures et demie et qu’en raison des vacances, nous serions seuls sans doute tous les trois. Ma mémoire s’était donc parfaitement mystifiée »... 700 - 800 €
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