AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS – LIVRES

157 158 28 156 ARTAUD Antonin (1896-1948). L.A.S. « Antonin Artaud », Paris 9 avril 1946, à Jacques PREVEL ; 2 pages in-4 sur un feuillet de cahier d’écolier, enveloppe. Il est allé jusque chez Prevel « sous l’accablementd’un épouvantable mal de gorge, aujourd’hui mué en grippe », et a « demandé à Mme Prevel de quoi me soulager. – Cela m’a terriblement aidé. […] La bataille que je mène est rude et ce n’est pas du dilettantisme littéraire de ma part. Vous le savez. Une si épouvantable question ne cesse de se poser à moi. […] Il faut que rien ne vous détache jamais de moi »… 600 - 800 € 158 BARBEY D’AUREVILLY Jules (1808-1889). L.A.S. « Jules Barbey d’Aurevilly », 23 juin 1864, au vicomte Pierre-Alexis PONSON DU TERRAIL ; 2 pages in-8 à l’encre rouge. Amusante lettre avant la publication d’Un prêtre marié dans Le Pays. Il lui écrit de la part de Grandguillot, directeur du journal. « On écrivait : à M. de Voltaire, en Europe. Je vous écris “à Monsieur Ponson du Terrail à Bruxelles”. Si la poste n’est pas aussi bête qu’elle est belge, elle trouvera bien votre hôtel ! » Devant venir après Ponson du Terrail dans Le Pays, « M. Grandguillot vous prie par moi de finir votre Jeunesse de Henri IV et votre Reine des Barricades, afin que je fasse mon entrée, cette semaine. Il a décrété cela d’urgence. N’impatientons jamais les dictateurs ! Ni les Jeunesses ni Les Barricades ne doivent être éternelles. On vous invite donc, vous dont on connait l’esprity de ressources & qui n’êtes pas plus embarassé de finir que de continuer, d’être votre Kosciusko à vous-même et de dire bravement votre Finis Poloniæ ! Seulement il y aura pour vous moins d’inconvénient à la chose que pour le nommé Kosciusko, car votre fin au Pays peut toujours être suivie d’une résurrection ailleurs. Je voudrais pour la Pologne qu’elle eût autant de soldats que vous avez de Romans et de personnages de Roman dans le ventre. La pauvre bougresse ! cela la changerait ! Vous faites Le bal des victimes. Que je ne sois pas la vôtre ! – Ne suspendez pas, ô Trénis du feuilleton, l’heure du PAS qu’à mon tour, je veux danser devant le public ! »… [La publication d’Un prêtre marié commencera le 6 juillet dans Le Pays.] On joint 2 l.a.s. par Delavigne père (1821) et Désaugiers (1814), plus une carte de visite autogr. de Franc-Nohain. 500 - 700 € 157 BALZAC Honoré de (1799-1850). L.A.S. « de Bc », [2 ? juillet 1833], au libraire Charles GOSSELIN ; 1 page in-8, adresse (encre pâle, piqûres). Au sujet du Médecin de campagne. « Le dernier bon à tirer [du second dixain des Contes drolatiques] vous sera présenté vendredi, mon cher Gosselin ; mais il est de la dernière urgence que je vous voie demain à cinq heures chez moi, car il s’agit de vous donner le Médecin de campagne, pour lequel j’espère obtenir du tribunal de commettre un libraire. Il y a rupture complète entre moi et votre singulier oncle |Louis MAME] sans qu’aucun rapprochement soit possible. […] C’est Éverat qui n’a pu composer, son caractère étant engagé ». [Louis MAME a assigné Balzac en justice pour non-livraison du manuscrit promis. Indigné par le procédé, Balzac se rendra à l’imprimerie Barbier et saccagera la composition du Médecin de campagne ; il sera condamné à indemniser Mame. Le Médecin de campagne sortira en librairie le 3 septembre 1833, chez Mame et Delaunay-Vallée.] 800 - 1 000 € Littérature

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