127 129 19 Livres & Manuscrits • 26 février 2025 126 DONIZETTI Gaetano (1797-1848). L.A.S., [Rome] 14 juillet 1833, à Giovanni RICORDI à Milan ; 1 page in-4, adresse ; en italien. Il parle d’abord d’une lettre de change que devait payer le marquis Capranica, lequel a chassé avec peu de bonnes manières l’homme qui lui demandait l’acceptation ; puis de ses comptes avec Ricordi, des tractations avec Naples, Turin, Milan, Venise, et de ses opéras : Il diluvio, Parisina, dont la partie est pleine d’erreurs ; avec une amusante allusion à Robert le Diable : « Se Robert non mi coglionè, dovrèa passar presto »… 600 - 800 € 127 GAINSBOURG Serge (1928-1991). NOTES autographes, [1986] ; 1 page in-fol. (42 x 29,5 cm) en partie imprimée. Réponses au « questionnaire de Proust ». Épreuve de la page 9 du questionnaire, avec d’importantes corrections et additions autographes. Sur les 26 questions de cette page, Gainsbourg en a retouché 18. Plusieurs réponses autographes témoignent de son goût de la provocation. Ainsi, à la question sur la qualité préférée chez la femme, il biffe la réponse imprimée (La sincérité) pour écrire : « question de muqueuses » ; concernant l’occupation préférée, il écrit : « la veuve poignet » ;quant aux héroïnes dans l’histoire : « celle que l’on sniffe et l’autre qu’on s’injecte » ; quant au don de la nature qu’on voudrait avoir, il biffe la réponse imprimée (Je préfère ne pas dire d’obscénité) pour écrire : « faire caca sans odeurs ». Il modifie la réponse sur les auteurs favoris en prose, pour écrire : « Poe, Huysmans, Joyce, Miller et moi ». Sur les poètes préférés, il raye le dernier mot de la réponse imprimée (Picabia. Picabia et moi, ce qui fait deux Picabias) pour le remplacer par « Pipicacabiabias ». Pour le personnage historique le plus méprisé, il raye le nom d’Eva Braun et le remplace par « moi »… Etc. Voir Alain Coelho et Franck Lhomeau, Gainsbourg (Denoël, 1986), p. 117. 1 000 - 1 200€ 128 GOUNOD Charles (1818-1893). L.A.S. « Ch. Gounod », Courtavenel 1er septembre 1850, à Ivan TOURGUENIEV ; 4 pages in-8, cachet sec de la Collection Viardot (petites taches). Très belle lettre à Tourguéniev sur Sapho et Pauline Viardot. « Cher bien bon Tourguéneff, Je vous aime de tout mon cœur : c’est là mon premier mot et je le répèterai encore à la fin de ma lettre ». Il l’assure de « la bonne, sûre, solide, sincère et tendre affection que l’on a ici pour vous. […] Il me semble que chacune des heures de votre vie doit être comme protégée par les cœurs dans lesquels vous êtes resté ; […] vous devez vous sentir vraiment gardé et regardé ici – Chère Madame VIARDOT est de retour au milieu de nous depuis deux jours : nous avons hier beaucoup parlé de vous tous deux : vous savez si elle vous est tendrement dévouée : elle a bien voulu me mettre au courant du détail de votre vie par la lecture de q.q. unes de vos lettres »… Il s’excuse de ne pas lui avoir plus écrit, mais il a été ces derniers temps « si maladivement occupé et préoccupé du second acte de Sapho », qu’il était de la plus désobligeante humeur, « et que je n’avais je pense rien de mieux à faire que d’épargner à mes amis un contact aussi acariâtre ». Il n’aurait fait que lui rabâcher son inquiétude, ses doutes, ses hésitations, ses revirements et ses blocages de composition : « comprenez comment rien ne pouvait me pacifier sur la véritable valeur de mon œuvre tant que je me trouvais aux prises avec un doute indestructible sur la valeur dramatique. Maintenant ma paix est de retour ici : elle m’a parlé : et quand je n’avais pas vu sur et dans son visage un contentement dont j’avais tant de besoin, sa parole me suffisait pour la tranquillité que je souhaitais – Oui, cher ; notre Sapho est contente de la mienne […] c’est pour moi la plus douce et la plus sérieuse récompense de mon travail. […] Je vous dirai seulement combien je trouve de bonheur à vous ma musique acceptée, accueillie, aimée dans le sein d’une aussi belle nature que celle qui la reçoit »… Il termine sa lettre par de longues protestations d’amitié... 300 - 400 € 129 KARAJAN Herbert von (1908-1989). 10 L.A.S. « Herbert », [Aachen] septembre-novembre 1934, à ses parents (« Liebe Eltern ») ; 31 pages in-4, un en-tête Stadttheater Aachen Der Musikalische Leiter, une au crayon ; en allemand (trous de classeur à qqs lettres). Belle correspondance familiale sur ses débuts comme directeur musical à Aachen (Aix-la-Chapelle). Les lettres, tendres et affectueuses, souvent longues, sont adressées à ses parents Ernst von Karajan (1868-1951) et Martha von Karajan, née Kosmac. Il y évoque ses concerts à Aachen, Cologne, Berlin ; les opéras qu’il monte : Die Walküre, Fidelio, Die Zauberflöte, Der Rosenkavalier ; ses ennuis de santé ; la noblesse des Karajan… 1 000 - 1 200 €
RkJQdWJsaXNoZXIy NjUxNw==