AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS – LIVRES

13 Livres & Manuscrits • 26 février 2025 101 MARCEL-LENOIR Jules Oury dit (1872-1931). 2 L.A.S. « Marcel Lenoir » avec DESSINS, à Joseph UZANNE ; 3 pages in-4. Lettres ornées de beaux dessins à l’encre rehaussés au pastel. En marge de 5 études de femmes nues, il prie Uzanne d’obtenir des Messieurs Mariani la souscription à une édition de luxe.Sous une grande composition représentant un groupe de personnages entourant une figure ailée, il prie Uzanne de lui obtenir un permis de chemin de fer pour aller à Montauban. Au verso, grand cartouche à la plume avec une femme assise, et brouillon de texte : « Ce masque d’enfant supporté par des mains pieuses reliées par la ferveur, n’est-il pas l’image de la résignation »… 500 - 700 € 102 MATISSE Henri (1869-1954). L.A.S. « H. Matisse », Vence 9 décembre 1944, à Henry de MONTHERLANT ; 4 pages in-8. Sur la vente de leurs livres illustrés. « C’est entendu : “Le précieux Livre” sera vendu en France, mais les autres que sont-ils devenus ? Soit : Thèmes & Variations : six exemplaires, dont 1 sur japon & 1 sur arches ». Ils devaient être vendus en Suisse, par l’éditeur Skira, mais il n’en a aucune nouvelle. Il veut faire vendre ces livres en France, « mais il faudra les y faire rentrer. Quant à Pasiphaé, l’édition est épuisée. C’est vous qui pouvez vendre à l’officier américain un exemplaire de votre collection. Son prix d’émission est de 15.000 sur arches – étant donné que l’édition est épuisée vous pouvez en demander 20.000 s’il vous plaît. Vos exemplaires sont-ils signés par moi ? ». Il l’encourage à quitter le glacial Paris pour un climat plus doux : ici il fait beau, la journée est « chauffée par le soleil clair & joyeux. […] D’après tout ce que je lis et j’entends répéter sur la vie à Paris, je n’ai guère envie d’y goûter. – Je reste ici même, à Vence, où le bifsteak est rare mais “le légume” et “le fruit” sont suffisants jusqu’ici. Évidemment il manque les échanges intellectuels, mais il me semble qu’à Paris, ils sont plutôt empreints d’animosité, et trop pittoresque pour moi qui suis déjà à demi sorti du monde »… 700 - 800 € 103 MONET Claude (1840-1926). L.A.S. « Claude Monet », Zaandam 17 juin [1871], à Camille PISSARRO ; 3 pages et demie in-8. Belle lettre sur son séjour et son travail en Hollande. Il s’excuse de ne pas lui avoir répondu plus tôt : « je commence à être dans le feu du travail et n’ai guère de temps ». Il est désolé que Pissarro ses donne tant de mal pour lui, « et pour n’arriver à rien. Je suis aux regrets de vous donner tant de mal »… Il demandera « ce service à Durand-Ruel qui pourra peut-être me caser ces maudits cadres »… Pissarro va-t-il s’installer à Louveciennes ?... « Quant à nous nous sommes ici très bien installés et nous resterons là l’été ; après, peut-être viendrai-je à Paris, pour le quart d’heure il faut travailler et je suis ici à merveille pour peindre, c’est tout ce que l’on peut trouver de plus amusant, des maisons de toutes les couleurs, des moulins par centaines et des bateaux ravissants. Les Hollandais assez aimables et parlants presque tous le français. Avec tout cela un très beau temps, aussi ai-je déjà mis pas mal de toiles en train. […] Je n’ai pas eu le temps de visiter les musées je veux avant toute chose travailler et je m’offrirai cela après »… 1 500 - 2 000 € 104 MONET Claude (1840-1926). L.A.S. « Claude Monet », Lundi [1878 ?], à Ernest HOSCHEDÉ ; 3 pages in-8 (pli fendu réparé). Sur ses débuts difficiles. [Ernest HOSCHEDÉ (1837-1891) fut un des premiers mécènes et collectionneurs de Monet ; après sa faillite, sa femme Alice deviendra la compagne de Monet, qui l’épousera.] Il lui envoie « cent francs. C’est peu mais je suis bien heureux de pouvoir les envoyer car je désespérais. Je ne sais quand je pourrai revenir. Il me faut encore trouver de quoi rendre 200 à Bellio [le Dr Georges de Bellio (1828-1894), collectionneur] payer mon hôtel rapporter aussi de quoi donner un peu d’argent à Vétheuil [à sa femme Camille] et il me faut en plus acheter toiles et couleurs. J’ai bien peur de trouver la nature bien changée et cependant j’ai plusieurs toiles à finir que je vendrais bien plus facilement si elles étaient plus poussées. J’en ai une de vendue dont je toucherai le prix en la rapportant finie. J’ai encore un peu d’espoir mais bien peu »… On joint une L.A.S. d’Ernest HOSCHEDÉ, Paris 14 février 1884, à un ami (Monet ?) avec qui il a besoin de causer : « C’est important ! » (1 p. in-8). 1 000 - 1 500 € 105 MONET Claude (1840-1926). L.A.S. « Claude Monet », [vers 1880 ?], à Eugène BOUDIN ; 1 page in-8. Lettre du disciple à son maître. « Mon cher Boudin Pouvez-vous me prêter dix francs, jusqu’à après demain. J’ai absolument besoin de cette somme et ma bourse se trouve complètement à sec. Si cela ne vous gêne pas trop, remettez les au porteur. Excusez mon indiscrétion »… 1 000 - 1 200 € 103

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