AGUTTES NEUILLY. LETTRES & MANUSCRITS – LIVRES

11 Livres & Manuscrits • 26 février 2025 95 KUBIN ALFRED (1877-1959). 27 L.A.S. « Alfred Kubin”, “Kubin” ou « A.K. », la plupart de Zwickledt 1939-1944, à Roderich HUCH ; 48 pages formats divers, la plupart in-4, dont 7 cartes postales, 3 enveloppes (plis fendus ou déchirés à plusieurs lettres) ; en allemand. Importante correspondance à un ami d’enfance, sur sa vie et son œuvre artistique pendant la Seconde Guerre mondiale. Roderich Huch (1880-1944) était avocat à Kleinwanzleben près de Magdeburg. Nous ne pouvons donner ici qu’un rapide aperçu de cette riche correspondance de Kubin à son cher Rudi. La plupart des lettres sont écrites de Zwickledt. Zwickledt 26.VII.1939. Dank für eine „Nachricht“. „... Mit dem innern Auge sehe ich gleichsam ‘Rudi Huch’ auf dem Rad um irgendeine Ecke der Leopoldstrasse flitzen –, und ... schon sind so scheint es – wir beide fast auch die Einzigen die aus damaliger Zeit her noch im Lichte wandeln ... Die Anhänglichkeit welche Sie dem Buch ‘ D i e a n d e r e S e i t e ‘ bewahren – zeigt, dass Sie ‘‘ haben – und wirklich: Davon losgelöst wäre es als ‘Welt’ sehr zu kritisieren! Es ist allerdings die 1 Auflage – und ganz besonders die Büttenausgabe hiervon, welche die gültigere Gestalt enthält aber wieder nicht die Autobiographie, welche im Band ‘‘ bei Carl Reißner Dresden 1931 erschien ...“ Kubins Roman „Die andere Seite“ war mit 52 eigenen Illustrationen 1909 im Verlag Georg Müller in München erschienen. 1939. – 26.VII. Kubin revoit Rudi filer à vélo dans un coin de la Leopoldstrasse ; ils sont les les seuls de cette époque à marcher encore dans la lumière (« wir beide fast auch die Einzigen die aus damaliger Zeit her noch im Lichte wandeln »). Puis Kubin évoque son livre Die andere Seite, dont Rudi détient la clé secrète (den Geheimschlüssel), grâce à laquelle chaque lecteur pourra continuer à façonner, vivre, écrire et inventer cette substance sans fin (« mit dem Besitz eines solchen vermag jeder Leser dann zu prüfen an dieser nie endenden Substanz weiter zu formen, leben, dichten, erfinden! »). C’est la première édition [1909] qu’il recommande, et non l’Autobiographie, parue dans le volume Dämonen und Nachtgesichte (1931)… – 14.IX. Il souffre de cette guerre. Il faut avoir les dernières réserves d’humour le plus intime et en être très avare pour ne pas se laisser trop aller quand le crépuscule des dieux s’installe (« Freilich muss man die letzten Reserven innersten Humors schon bereithalten und damit recht knausern um nicht allzuschlaff bei der hereingebrochenen Götterdämmerung zu werden »)... Il commente les réactions de Ludwig KLAGES, et évoque la visite qu’il lui avait rendue à Kilchberg en 1928 ; ainsi que le souvenir de Stefan GEORGE chez Karl Wolfskehl… 1940. – Tusset 1.VIII, sur ses vacances en solitaire dans la forêt de Bohême : il a besoin de silence pour restaurer le vieil Adonis (« als eine Restaurierung des alten Adonis »)… Il évoque encore Klages, dont l’œuvre est condamnée par les nazis (« Dem Klages ist seine Schreibetätigkeit im III. Reich nun verboten worden”)... 1942. –19.I. Il vit comme une vieille chouette, dans l’étrange confusion de ses dessins qui font toujours beaucoup de bruit ; mais de tels succès paraissent ironiques (« Ich lebe wie ein alter Steinkauz in mich hinein lauschend und erfreue mich an der seltsamen Wirrheit meiner Zeichnungen – welche in unseren Tagen (o Conjunktur!!) wieder einmal gewaltig Rumohr machen. Soch ‘Erfolge’ berühren mich ironisch »). – 7.IV. L’hiver dernier, il a réalisé une série de dessins pour une nouvelle Irrlicht du jeune poète Horst LANGE, qui va perdre un œil à la suite d’une blessure causée par un éclat de bombe en Russie... – 10.X. Il a passé 5 semaines dans la région de la Šumava, dans un merveilleux silence, une merveilleuse monotonie de mers sombres d’arbres (« Ich verlebte 5 Wochen im Böhmerwald herrliche Stille, wundervolle Eintönigkeit dunkler Baummeere »)… Il a souffert du rationnement de guerre… Le retour à Zwickledt lui a semblé étrange, enchanté comme un monde kaléidoscopique avec beaucoup de scènes et des décors vraiment étranges (« wie eine Kaleidoskopwelt lauter Culissen, Hintergründe ein richtiges befremdendes Naturtheater »). Il faut garder la tête haute pour ne pas tout condamner… 1943. – 23.I. Sur son travail : il a 12 planches à faire pour les Münchhausengeschichten ; il est dans les esquisses ; l’ouvrage paraîtra au printemps : « Ist die Arbeit im zeitigen Frühjahr [...] fertig, dann fängt ja erst ihr Verlegerschicksal an »… – 2.V. Il remercie son ami pour son écrit exceptionnellement authentique et sincère (« ungewöhnlich echt u. aufrichtig »)… Etc.. On joint 2 copies de lettres de Kubin à Huch ; une l.a.s. (Postkarte) de R.R. Junghaus à Kubin ; une enveloppe autogr. de Kubin à Daisy Huch, et la copie dactyl. d’une lettre de Kubin à elle adresse (3.II.1944). 3 000 - 4 000 €

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