ADER Nordmann. Paris. MANUSCRITS et LIVRES ANCIENS

21 Enluminures et manuscrits Sont consignés dans un calendrier pour chaque jour, introduit par la phrase : « Hac die mortuus est… » ou « Ista die defunctus est frater… », les morts que pleure le couvent, des frères, des prieurs mais aussi des personnalités proches du couvent, des laïcs donateurs. Par exemple on trouve des dons précisés par exemple celui de Philippe Camus : « Philippus Camus doctor Rhemiensis ac huius conventus bis gardianus qui dedit casulae pulcherime et calicem argenteum…sepultus est autem in choro ante imaginem divi mauritii anno 1599 » (f. 4) ou encore celui de Firmin de Marcelle : « Firminus de Marcelle doctor Rhemensis…Le couvent a reçue de luy un calice d’argent dorée et deux petites burette… » (f. 14), ou encore de Toussaint La Gache : « Toussanus La Gache sacerdos qui dedit ymagines virgine marie de dormitorio et claustro… » (f. 29). On trouve dans ce nécrologe de nombreuses références à la famille Loysel, importante famille du Beauvaisis, seigneurs de Quévremont, de Flambermont, d’Exonviller et autres lieux. Quatre membres de la famille Loisel ou Loysel occupent successivement à Senlis la charge de Lieutenant général au batillage de 1558 et 1673. On relève Marie de Cornouaille, femme de Odel Loyseau dont l’obit indique : « Le 20e may est deceddée damoiselle Marie de Cornoaille femme de monsieur nostre père spirituel et bienfacteur de ce couvent Odel Loysel escuier seigneur de Flambermont, de Senesfontaines et d’Esonviller, conseiller du roy et president a Senlis mil vinq cens quatre vingt seize et est enterrée en la chappelle dicte des oyseaulx » (f. 24). Autre personnage important de la famille, Claude Loysel, seigneur de Flambermont : « Nobilis vir et pater spiritualis hujus conventus et benefactor Claudius Loysel, scutifer et dominus de Flambermont… 1568 » (f. 21v). Claude Loisel de Flambermont (vers 1520-1568) est né à Beauvais paroisse Saint-Sauveur. Écuyer, conseiller du Roi, il est élu en l’élection de Beauvais, seigneur de Flambermont et de Senéfontaine. Il est inhumé aux Cordeliers auprès de son père et de sa mère. Il épouse vers 1544 Nicole de Nully, fille de Pierre de Nully (1488-1549), maire de Beauvais en 1543. Celle-ci figure d’ailleurs dans le présent Nécrologe: «Ce jour 20e octobre mil VC IIIIxx sept et [sic] deceddée de bonne mémoire Collecchon de Nully vesve de feu nostre père sprituel noble homme Claude Loysel escuier seigneur de Flambermont, Senesfonteines… » (f. 48v). D’autres membres de la famille Loysel figurent dans le Nécrologe : Jean Loysel, premier médecin du roi Louis XII et de François Ier : « Hac die 18 obiiit nobilis vir et pater spiritualis huius conventus et benefactor Joannes Loysel dominus d’Esomviller et de Belloy anno 1558 » (f. 39). Jean III Avis Loysel est premier médecin des rois Louis XII (1498-1515) et François Ier (1515- 1547). Louis XII le nomme maître et administrateur de la Maladrerie de Saint-Lazare de Beauvais de 1503 à 1519. Loysel est médecin des boursiers du collège de Cluny. C’est lui qui, le premier, fait accorder aux médecins ordinaires des rois et princes du sang le privilège d’exercer leur art dans Paris, même s’ils ne sont point docteurs. Citons enfin aussi Nicolas Avis dit Loysel, échevin de Beauvais en 1512, fils de Jean Loysel, régent et doyen de la Faculté de médecine de Paris, premier médecin du roi Louis XII et de François Ier : « Nobilis vir Nicolaus Avis dictus Loysel filius nobilis viri Joannis Avis primus medicus Ludovici francorum regis duodecimi benefactor huius domus et sepultus fuit in habitu » (f. 23). Sur les Loysel de Beauvais, voir S. de Beaufort, Une famille de lieutenants généraux du bailliage de Senlis aux XVIe et XVIIe siècles, les Loysel, Comité archéologique de Senlis, 1899. – Loisel, Antoine (1536-1617), Mémoires des pays, villes, comté et comtes, évesché et évesques, pairrie, commune et personnes de renom de Beauvais et Beauvaisis, par M. Antoine L’Oisel, [Paris], 1617. D’autres obits seraient à creuser, par exemple celui de Adrianus Paschasius (dont le nom se trouve aussi au recto de la première garde, en tête de liste : « Honorandus magister noster frater Adrianus Paschasius natione burgundus huius conventus alumnus qui cum scientia insigna et prudentia admirabilis hanc domus rexisset…anno domini 1589 » (f. 45) ou encore, celui pour Louis Compagnon, maître d’école : « Maistre Louis Compagnon maistre d’escolle en ceste ville natif de Pontoise inhumé devant l’autel des cinq plaies… » (f. 56v) ; ou encore, Jacques Parigot mort en 1613 : « Jacobus Parigot doctor theologus facultatis parisiensis quondam gardianus conventu… » (f. 20v). Provenance: 1. Manuscrit copié circa 1552, avec ajouts sur près de 150 ans selon les dates de décès, se poursuivant jusqu’à la fin du XVIIe siècle. Le dernier obit est inscrit le 15 mars 1694 (f. 2). Une inscription copiée sur le contreplat supérieur indique : « Hoc in venerabili conventu bellovacensis celebratum fuit capitulum provinciale in quo…reverendissimus p. f[rater] christoforus a capite fontium totum ordinis fratrum minorum generalis minister. Anno domini 1574… ». Les frères mineurs sont les frères franciscains. L’identification aux Cordeliers est déduite aussi de la mention suivante : « Jehan de l’Espine, Janneton Charbonnier, père et mere de frere Denis de l’Espine, profès de ce couvent ont donné en cest pauvre maison St Francoys… » (f. 18). Les Cordeliers (Franciscains) s’implantent à Beauvais dans le quartier des lavoirs en 1225 où ils occupent une large surface foncière. Voir Fémolant, J.M., « L’opération de la rue Villiers-de-l’Isle-Adam à Beauvais (Oise)…autrefois couvent des Cordeliers… », in L’archéologie à Beauvais ou mémoire d’une ville, exposition du 13 décembre 1994 au 4 mars 1995, pp. 47-53. 2. Collection française.

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