ADER Nordmann. Paris. LETTRES AUTOGRAPHES & MANUSCRITS

58 138. Joseph-Henri ROSNY aîné (1856-1940). 3 manuscrits autographes signés, [1921] ; pages in-8, reliées en 3 vol. cartonnés papier marbré, pièce de titre au dos. 300 / 400 € Ensemble de trois chroniques littéraires, signées comme membre de l’Académie Goncourt. Les manuscrits présentent de nombreuses ratures et corrections ; ils ont servi pour l’impression dans la revue Comœdia (nous indiquons entre crochets les dates de parution). Le tréteau des lettres. Lutèce fleurie (14 p.), sur le roman policier [5 octobre 1920] ; à la fin, une note au sujet de D’Annunzio. On a relié en tête une L.A.S., 28 janvier 1921, demandant une annonce pour son nouveau roman Les Pures et les Impures. L’évolution du roman et du théâtre, à propos du livre de Jacques Boulenger, Mais l’art est difficile ! (Plon, 1921) (8 p.). [24 avril 1921]. Le mélodrame (7 p.). [25 septembre 1921]. 139. Jean-Jacques ROUSSEAU (1712-1778). L.A.S., Môtiers 26 février 1764, à Nicolas Duchesne ; 2 pages in-4. 6 000 / 8 000 € Intéressante lettre à son ami libraire au sujet de ses œuvres. Il n’est pas « necessaire d’importuner de nouveau Made la Mareschale de Luxembourg au sujet des cinquante louis. Ces grandes Dames ont d’autres affaires que de s’occuper des nôtres, toute chose cessante ; cette bagatelle aura pu lui sortir de l’esprit ; mais elle se la rappellera surement un jour ou l’autre. Il se peut aussi qu’elle ait chargé de la commission quelqu’un qui n’aura pas été ponctuel à s’en acquitter. […] Ce qu’il y a de sur est que je n’ai receu ni argent ni avis ». Il n’a pas non plus reçu le paquet envoyé par Duchesne contenant des exemplaires de l’Imitation théâtrale. Puis il parle des cinq volumes de ses Œuvres édités par Duchesne : « Je n’ai point de présens à faire de votre édition, que je ne dois ni ne veux reconnoitre pour mienne. Si vous me permettez, cependant, de disposer de deux ou trois exemplaires, je pourrai le faire ci-après ; mais cela ne presse pas. J’aurois été bien aise aussi d’en avoir un complet, et vous savez que dans ce que vous m’avez envoyé manquent les titres, les estampes, la préface et tout le Tome cinquième. Vous m’obligerez beaucoup de mettre à vos envois futurs un arrangement qui me les rende acceptables ; mais quand à présent il convient de les suspendre. Je ferai puisque vous le voulez une estimation des précédens et j’en ferai le cadeau de votre part à Mlle Le Vasseur [compagne de Rousseau] ; mais il faudra qu’elle attende ; des arrangemens sur lesquels je comptois ayant manqué. […] L’intérest que vous voulez bien prendre à mon état m’engage à vous dire que j’ai senti du relâche depuis six semaines ; j’avois même recommencé de sortir par les beaux jours que nous avons eus ; mais le retour de la neige et de la gelée m’a de nouveau renfermé. Je suis obligé de fendre du bois pour me mettre en sueur deux fois par jour ; c’est, de tous les remedes que j’ai tentés en ma vie, le seul qui m’ait procuré le moindre soulagement ».

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