ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

97 .../... 214. Richard WAGNER (1813-1883). Manuscrit musical avec envoi autographe signé, Tannhäuser und der Sängerkrieg auf der Wartburg, 1845 ; un volume oblong in-4 (23,5 x 32,5 cm) de 68 feuillets écrits rectoverso, cartonnage de papier bleu avec titre Tannhäuser sur le plat sup. (cartonnage usagé, dos abîmé) ; boîte de conservation à dos de chagrin noir (atelier Devauchelle). 40 000 / 50 000 € Précieux manuscrit de la partition vocale du rôle de Tannhäuser sur laquelle a travaillé le ténor Tichatscheck pour la création de l’opéra sous la direction de Wagner. Tannhäuser fut créé à Dresde le 19 octobre 1845, avec, dans le rôle-titre, le ténor Josef Tichatscheck (1807-1886) qui avait déjà créé Rienzi en 1842. [Wagner, très impressionné par les qualités vocales du ténor, est revenu, dans Ma vie, sur les difficultés qui ont marqué la création de Tannhäuser : « Malheureusement, il était impossible d’influencer Tichatscheck […], en lui conseillant des choses qu’il ne comprenait pas du tout, on eût risqué de le troubler et de l’intimider. Il savait qu’il possédait une belle voix métallique, qu’il chantait juste et avec rythme et prononçait très distinctement. Je ne m’aperçus de l’insuffisance de ces avantages qu’à la représentation […] Le principal défaut du personnage consistait dans le fait que le ténor était incapable de rendre la véritable expression du grand adagio du finale [de l’acte II, à partir de « Zum Heil den Sündigen »…] À la représentation, la façon monotone dont Tichatscheck le chantait, le faisait paraître d’une longueur insupportable. Ne voulant pas blesser cet acteur qui m’était si dévoué et qui, dans son genre, m’avait été si utile, je prétextai m’être aperçu que cette partie était manquée ; seulement Tichatscheck étant considéré comme mon interprète de prédilection, on supprima plus tard cette phrase musicale, si éminemment importante, toutes les fois qu’on donna Tannhäuser […] Mon ténor qui, dans la joie comme dans la douleur, manifestait toujours une énergie extrême, se retira à la fin du second acte avec la mine humble d’un pauvre pécheur et reparut au troisième dans une attitude résignée qui devait provoquer une affectueuse pitié. Il ne reprit sa vigueur de chanteur qu’en faisant connaître l’excommunication papale lancée contre lui, et sa voix devint alors si large et si puissante que ce fut une véritable jouissance de l’entendre dominer l’accompagnement des trombones ». Wagner met aussi sur le compte de son inexpérience une partie de l’insuccès de la pièce : « Dans la première version de la pièce, telle qu’on

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