89 .../... Cavalleria Rusticana… Je suis bien content que l’Odelette vous soit agréable »… – 14 septembre. Durand va envoyer la partition corrigée d’Étienne Marcel. «Je me souviens qu’à ce même Rouen, comme on m’avait demandé sur la scène après le 3me acte (que j’appelle maintenant le 4e) on m’a mis sur les bras un vase en argent rempli de fleurs et que j’étais fort embarrassé dans cette posture ! Dans ce temps-là on avait – je ne sais pourquoi – peur des 5 actes ; on avait fait deux tableaux du même acte ce qui doit être en réalité deux actes différents, le changement de décor nécessitant un entracte »… – 6 octobre. « Quant à l’Odelette, il ne faudra jamais l’exécuter autrement qu’avec orchestre ; elle perdrait tout son effet avec piano. […] Tous les flûtistes veulent jouer l’Odelette ! C’est un succès que je vous dois, car certainement sans vous je ne l’aurais jamais écrite »… – 11 novembre. Il va donner à M. Masselot « de petites indications pour Phryné. Entre autres, je le prie de veiller à ce que les chanteurs ne ralentissent pas lorsque ce n’est pas indiqué, ce qu’ils ont souvent la mauvaise habitude de faire lorsque l’orchestre les laisse seuls. C’est à vous surtout qu’il convient d’y veiller. Cette mauvaise habitude rend la musique ennuyeuse en détruisant le rythme, élément essentiel de la musique. Et c’est pour faire plus d’effet ! Mme Patti, qui allait toujours en mesure, en faisait cependant assez, à ce qu’il me semble. Il est probable que vous ne l’avez pas entendue. Elle exécutait rigoureusement en mesure les traits de Faust et de Rigoletto [citations musicales]. C’était ravissant. Je ne les ai pas entendus ainsi depuis elle ». Il va partir à Bordeaux pour Les Barbares puis à Béziers, « et enfin à Alger où le soleil m’attend»… – Marseille 5 décembre. À Bordeaux on a donné Les Barbares et Javotte, à Béziers sa cantate La Lyre et la Harpe. « À Bordeaux il y a un orchestre merveilleux ; à Béziers il y a des chœurs excellents mais l’orchestre est très médiocre et c’est moi qui l’ai remplacé sur un piano ; j’ai joué aussi ma Rhapsodie d’Auvergne. […] Mais tout cela ne m’empêche pas de penser à Rouen où l’on prépare Phryné que j’aime tant et qui devrait, il me semble, être plus connue qu’elle ne l’est, car je ne crois pas avoir fait rien de mieux que le 2e acte. Et Étienne Marcel y pense-t-on ? » Il sera à Alger dimanche à l’Hôtel de l’Oasis… Béziers 20 août 1921. Il regrette que la maison Durand « aime mieux louer sa musique que de la prêter », mais il n’y peut rien. Lise Charny de l’Opéra chante beaucoup et merveilleusement La Fiancée du Timbalier… Le Mont-Dore a dû bien changer depuis qu’il y est allé il y a soixante ans pour soigner sa gorge. « Je serai de retour à Paris tout à fait à la fin du mois. Demain a lieu ici la représentation d’Antigone avec mes chœurs ; ensuite je dois aller passer quelques jours à la campagne et m’arrêter encore à Toulouse et à Poitiers avant de rentrer chez moi »… – Paris 17 novembre. « C’est sans doute par économie que le directeur actuel [à Rouen] qui n’est pas musicien a fait cette révolution orchestrale. Certes, mieux vaut ne pas être exécuté du tout que de l’être dans de pareilles conditions. Où est le temps où le Théâtre de Rouen montait si bien mon Étienne Marcel ! Maintenant ils parlent de Tannhäuser et de Lohengrin. Les Allemands nous ont fait tant de bien, il est juste que leur compositeur national prenne chez nous la place des nôtres ! […] Je viens d’avoir à l’Opéra une magnifique résurrection d’Ascanio qui a fait grand effet. Mais tiendra-t-il l’affiche, je ne sais car on annonce déjà l’apparition d’autres ouvrages. Je ne sais comment vit l’Opéra qui a maintenant 30.000 F de frais par représentation. Samson a fait dernièrement 36.000, mais le plus souvent le théâtre
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