ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

87 donné « la grand’ croix de Nichan Iftikhar », et celle de chevalier de 1ère classe à son valet Jean. « On nous a du reste fêtés autant qu’il est possible, et fait promettre d’y retourner. Maintenant il faudra me partager entre Alger, Oran et Tunis ! »… Il espère que l’Opéra va se décider à monter Ascanio… – Paris 12 mai. Il vient de faire paraître sa nouvelle Suite pour violoncelle. – 26 mai. Son ami le violoniste Willaume a joué une Sonate de Leclair qui « a produit un très-grand effet »… – 23 juillet. « Ici nous jouissons d’une température tropicale dont on se plaint beaucoup ; on se plaint toujours. Il est certain que si les années pluvieuses sont mauvaises, les années trop sèches le sont aussi. Dans huit jours j’irai passer une semaine à Dieppe où il doit y avoir un peu de fraîcheur ; mais après il faudra me rendre à Béziers qui sera trèsprobablement un four à cuire le pain ; on y jouera Antigone avec mes chœurs, et bien que je n’aie là qu’à surveiller je crains que ce soit trop fatigant pour moi, l’état de mes jambes allant toujours s’aggravant »... – 25 juillet. Il évoque la mort de Gaston Choisnel… « Je connais bien les singes de la Chiffa ; ils sont très amusants et pas du tout méchants. C’est là qu’on devrait en chercher quand on veut en avoir à Paris au lieu de prendre des singes de pays tropicaux qui ne peuvent pas vivre dans notre climat parisien. L’autre hiver quand je suis allé à Hammam R’Irha je me suis arrêté à Blidah et je suis allé à la Chiffa ; un gros singe est même monté sur la tête de Jean avec une rapidité surprenante. Il y en avait de moyens et de tout petits, c’était une vraie comédie ». Il part samedi 30 pour Dieppe « où je passerai la première semaine du mois d’août et où je vais jouer du piano en public pour la dernière fois de ma vie ; je jouerai ma Rhapsodie d’Auvergne et des morceaux seuls »... – 28 octobre. « Les répétitions d’Ascanio s’avancent et j’espère pouvoir quitter Paris pour la chère Algérie ». Il prie Galland de s’enquérir de son logement. « Ascanio s’annonce très bien, les interprètes sont parfaits. L’ennui est que lorsqu’on arrive à la fin des répétitions, cela ne marche plus […] J’ai plaisir à entendre ma musique bien rendue mais je voudrais bien que cela fût fini »... – 17 novembre. Il s’apprête à un nouveau départ pour Alger, et évoque les brillantes représentations d’Ascanio : « l’exécution est parfaite. L’Algérienne [Lise] Charny donne enfin au rôle de Scozzone son caractère qu’il n’avait jamais eu ; elle y est merveilleuse et remporte un grand succès. [...] C’est maintenant à Alger que j’aime le mieux vivre. Quel malheur qu’on n’y puisse transporter l’Opéra ! Alors ce serait parfait pour moi »... [Au bas de la lettre, Galland a noté : « Dernière lettre de St Saëns, mort à Alger le vendredi 16 décembre à 11 h.30».] 192. Camille SAINT-SAËNS (1835-1921). L.A.S., [Paris] 14 octobre 1921, à Mme Sterns à l’Hôtel Plaza Athénée ; 1 page in-4 à son chiffre, enveloppe. 200 / 250 € Une des dernières lettres de Saint-Saëns, deux mois avant sa mort [16 décembre 1921 à Alger]. « Depuis le temps que j’ai eu l’honneur d’aller chez vous à New York, les années ont passé ! J’ai maintenant 86 ans et je ne dîne plus hors de chez moi ». Il aimerait lui rendre visite, mais « je suis pris en ce moment par les répétitions de mon opéra Ascanio qui va prochainement être repris à l’Académie nationale de musique»…

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