86 .../... comme Phryné et « La Princesse Jaune, que mon ennemi M. [Pierre] Lalo avait déclaré “un petit chef d’œuvre”»… Marseille 29 mars. Il est de retour à Marseille, où Castelbon de Beauxhostes va venir le prendre pour aller à Béziers « dans son auto magnifique»… – 30 mars. Sur le bateau, il a rencontré le directeur du Théâtre d’Alger : « Il m’a stupéfié ! Il compte dépenser 80.000 F. dans sa saison !! Il amènera des musiciens, il a l’intention de donner de grands concerts symphoniques !!! Il aura probablement pour chef d’orchestre un nommé Montagné qui est excellent et que je lui ai chaudement recommandé. Il ne paraît pas hostile à mes ouvrages. Inutile de dire que je connais trop la race des directeurs pour avoir une entière confiance. Mais enfin cela pourrait être l’aube sinon l’aurore de temps meilleurs »…. – Bordeaux 11 avril. Il parle de ses concerts à Béziers et Bordeaux ; mais « tout cela est de bien médiocre importance auprès de ce qui se passe en ce moment», et Saint-Saëns donne son opinion sur les affaires nationales et internationales, critiquant Lloyd George. Et il fulmine contre le syndicaliste Léon Jouhaux, « qui devient roi de France, qui d’un geste arrête les trains, les bateaux, les usines et paralyse le pays tout entier ! Il a empêché de jouer Phryné à Cannes, c’est moins grave mais au fond c’est tout aussi révoltant. On craint sans doute en l’arrêtant de déclencher une révolution. Eh bien, tant pis, mieux vaut une maladie aiguë qui se termine par la guérison qu’un état chronique se prolongeant indéfiniment et ruinant peu à peu la santé et la vie »... [dessin d’une rose]. – Paris 20 avril. « Comme je regrette Alger ! il fait froid et je suis bien condamné à la réclusion jusqu’à ce que la température veuille bien se relever »... – 14 novembre. Il part pour Bordeaux où l’on jouera Les Barbares, puis à Béziers pour La Lyre et la Harpe, et de là pour Marseille où il embarquera pour Alger. Il évoque un futur « déjeuner pantagruélique » à l’hôtel L’Oasis, avec toute la famille Galland : « Les meilleurs vins d’Algérie brilleraient dans les coupes rubis et topazes. Et l’esprit des convives brillerait plus encore, le sel marin serait humilié par le sel attique »... Puis il parle de la Grèce : « J’ai fait dernière[ment] une tournée de concerts avec le charmant violoniste Willaume » ; il déplore la réforme de l’orthographe grecque : « Mais comme c’est joli de voir ces lettres grecques partout ! quelle belle écriture ! s’ils avaient avec elle conservé leurs costumes ! mais les soldats sont en kaki, les civils des deux sexes s’habillent comme à Paris. Cette uniformité répandue sur le monde est désolante »... – Marseille 4 décembre. Il annonce son arrivée à Alger le 12. Il a parlé de l’orchestre du Théâtre d’Alger avec le nouveau chef Ernest Montagné, qui lui a révélé « plusieurs choses, les unes agréables, d’autres qui le sont moins. Les meilleurs musiciens sont allés à l’Opérette parce qu’ils sont mieux payés. Les choristes sont toujours déplorables. Enfin, il espère avec les musiciens pris dans les deux théâtres, réunir un grand orchestre de concert. Mais il paraît que Paul Viardot veut en organiser un autre et faire concurrence ! Que n’est-il resté où il était ? Mais il paraît que vous et Simian soutenez l’orchestre de Montagné et vous pensez bien que je serai avec vous. Paul ne s’est pas assez bien conduit avec moi pour que je passe de son côté. Je serai seulement dans une situation embarrassante s’il fait exécuter de mes œuvres ; mais je le connais, il fera du boche tant qu’il le pourra et s’il me joue, ce sera pour que le pavillon couvre la marchandise »…. Alger 22 mars 1921. Il va partir pour Tunis et prie son ami de lui obtenir une réduction pour le chemin de fer : « On ne prête qu’aux riches ; et quand les gens sont bons on abuse de leur bonté »... – 25 mars. Il le remercie de la réduction et aussi « pour votre photo que je serai bien heureux de mettre chez moi à la place d’honneur »… – Marseille 12 avril. À Tunis, le concert a été brillant, et « on a bissé la Danse macabre. [...] Nous avions malheureusement deux Pleyels excellents mais trop petits pour cette grande salle. On nous a fait des articles mirobolants », mais à Marseille « c’est d’Indy, Dukas, Debussy et Wagner naturellement qui prennent la place »... Le Bey de Tunis lui a
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