ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

187 186 188 83 186. Camille SAINT-SAËNS (1835-1921). L.A.S., Paris 19 février 1915, [à Pierre-Barthélemy Gheusi] ; 1 page in-8, vignette et en-tête Café Restaurant d’Orsay. 200 / 300 € « Il est vraiment scandaleux que l’on puisse entendre ma musique partout, excepté à l’Opéra-Comique. Puisque vous donnez des intermèdes patriotiques, vous pourriez bien y faire chanter La Gloire, pour Ténor, Baryton et chœur d’hommes, qui eut un énorme succès à la cérémonie de J.J. Rousseau, au Panthéon»… Au dos, minute de réponse de Gheusi (1 p. in-8 au crayon) : « Vous pouvez m’écrire des lettres pareilles à celle-ci pendant toute la guerre. L’Op. Com. n’est pas ouvert. J’y donne des reprises de fortune, pour assurer la vie du personnel qui me reste. Mais je ne puis rien étudier ni monter de nouveau : seul, le répertoire courant est jouable ici en ce moment ; et, parfois, je dois même y renoncer, faute de mise au point et de répétitions réalisables ! »… 187. Camille SAINT-SAËNS (1835-1921). Photographie avec dédicace autographe signée, 1915 ; 16 x 11 cm sur carton du photographe Pierre Petit (légères piqures ; sous cadre). 200 / 300 € Photographie en buste par Pierre Petit, dédicacée à l’auteur dramatique Miguel Zamacoïs (1866-1955) : « à M. Miguel Zamacoïs en souvenir de la Française son collaborateur et ami C. Saint-Saëns 1915 ». [Miguel Zamacoïs est l’auteur des paroles de La Française, «chant héroïque de la Grande Guerre», mis en musique par Saint-Saëns pour le journal Le Petit Parisien en 1915, et offert aux lecteurs du journal.] 188. Camille SAINT-SAËNS (1835-1921). L.A.S., 26 janvier 1916, à Jean Poueigh ; 3 pages in-8 à son adresse Rue de Courcelles, 83bis, enveloppe. 400 / 500 € Réponse à une enquête sur Wagner et la musique allemande en France. « Si l’on doit jouer Wagner après la guerre ? On ne devrait pas le jouer parce qu’il symbolise la Patrie allemande aux yeux de ses compatriotes. On ne devrait pas le jouer, parce [que] les beautés écrasantes de ses œuvres font passer leurs défauts, que l’on finit par prendre pour des qualités ; parce que nos jeunes compositeurs ne pouvant imiter les beautés s’assimilent les défauts et que la musique française perd en conséquence ses qualités spéciales, l’ordre, la clarté, le goût. On ne devrait pas le jouer parce que les amateurs se prennent [pour] ses œuvres d’une passion aveugle et intolérante qui leur fait mépriser l’École française, laquelle ne peut vivre si elle n’est ni appréciée ni encouragée. Il faut seulement craindre que Wagner ne prenne le dangereux attrait du fruit défendu. Ce qu’il ne faut plus jouer surtout, ce sont les œuvres de ses successeurs allemands, Richard Strauss et autres ».

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