33 57. Claude DEBUSSY (1862-1918). L.A.S., 30 juin 1911, à René lenormand ; 1 page in-8 à son adresse (deuil). 600 / 800 € « Vous avez tout à fait raison d’écrire “qu’il ne faut pas vouloir tout expliquer” et pourtant vos analyses sont extrêmement subtiles ! Mais vous verrez que votre exemple fera naitrent [sic] de terribles gloses, car vous savez, aussi bien que moi, que la plupart des gens entendent mal, ou mieux, qu’ils n’entendent que fragmentairement»… [René lenormand (1846-1932) préparait une Étude sur l’harmonie moderne.] 58. Claude DEBUSSY (1862-1918). L.A.S., 18 janvier 1913, à Paul-Jean toulet à Saint-Loubès (Gironde) ; 2 pages in-8 à son monogramme, enveloppe. 1 200 / 1 500 € Très belle lettre amicale à Paul-Jean Toulet, parlant de sa fille Chouchou qui apprend la musique. « Non, mon cher Toulet, je ne vous oublie pas et votre amitié m’est trop précieuse pour que je cesse jamais d’y croire. Vous devrez me croire si j’affirme, devant les houx qui bordent mélancoliquement ma fenêtre, que je ne suis pas encore habitué à ce départ de vous, qui ressemblait à une fuite de tout, et du reste ! Je ne vous ai jamais dit ce qu’il me paraissait cacher de sentiments froissés, de sensibilité meurtrie, car ce sont là des instants particuliers où les conseils aussi bien que les consolations ne servent plus à grand-chose ; ils peuvent même paraître indiscrets, ou hypocrites ! Pour avoir le droit de dire à quelqu’un qu’il ne marche pas dans le droit chemin, il faut pouvoir lui offrir, immédiatement, le moyen d’en sortir, avec la conviction que l’on ne se trompe pas soi-même... C’est bien délicat ! Surtout pour vous, en qui cela se complique d’une santé que vous avez menée durement, lui imposant souvent des régimes contradictoires. Par un dualisme déconcertant, vous avez le goût du monde, tandis que votre esprit conserve secrètement le goût, plus délicat, de la solitude... On pourrait être embarrassé à moins ! J’ai bien peur que l’exil volontaire à St Loubès ne satisfasse qu’un côté de la question ? – Excusez-moi si je fais des fausses notes en essayant, très timidement, de vous comprendre. Je n’y reviendrai plus... Passons rapidement sur mon retard à vous écrire et laissez-moi vous dire mes vœux les plus chers pour votre santé, pour votre tranquillité, pendant que ce mois de janvier 1913 est encore vivant. Veuillez y associer ma femme et votre grosse-petite-amie-Chouchou, dont la fantaisie s’est augmentée, depuis peu, d’un professeur de piano ; dame en noir qui a l’air d’un dessin d’Odilon Redon et d’une nihiliste en rupture de bombes »... Correspondance 1913-17.
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