ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

28 43. Jean CRAS (1879-1932). Manuscrit musical autographe signé, Concerto pour piano et orchestre, 1931 ; [1]-87 pages in-fol. sous couverture de papier bleu titrée (taches d’encre à quelques feuillets). 5 000 / 6 000 € Manuscrit de travail complet de la partition d’orchestre de ce Concerto. L’unique Concerto pour piano de Jean Cras fut composé en 1931. Il fut créé le 6 février 1932 par sa fille, Colette Cras (1908-1953), aux Concerts Pasdeloup, sous la direction de D.E. Inghelbrecht. Ce concerto est en trois mouvements : I Lent, modéré, animé ; II Très lent ; III Très animé. Robert Brussel (Figaro, 11 février 1932), tout en faisant des réserves quant à la forme un peu confuse, loue « son invention mélodique », sa couleur et sa diversité. Le compositeur, « qui est aussi un poète », a voulu « exprimer, à travers les mouvements du paysage, les mouvements du cœur. On trouve toujours dans l’œuvre musicale de ce grand marin, un horizon profond et vaste comme ceux sur lesquels il a médité et, pour le faire vivre, des êtres imaginaires, dont l’âme est, à l’égal de la sienne, contemplative dans le rêve, délicate dans la fantaisie, forte dans l’action ». Le premier mouvement, de nature rhapsodique et de forme libre, est fluide et très coloré. Le second mouvement, très lent, avec son thème mélancolique, est d’une grande beauté, aux harmonies presque orientales, et « sa péroraison d’une vaporeuse poésie ». Il s’enchaîne avec le finale, très animé, aux rythmes contrastés, qui s’achève dans une exaltation festive. Le manuscrit, au crayon noir sur des bifeuillets en cahiers de papier à 20 lignes, présente des corrections et annotations à l’encre noire ou rouge. Il est dédié en tête « à Colette Cras ». Le premier mouvement (p. 1-36) est daté en tête « 24.10.31 » et en fin « 30.10.31 », le II (p. 37-51) porte en fin la date « Paris 1.11.31 », et le dernier mouvement (p. 52-87) porte en fin une double date : « St Marc été 1931 – Paris 4 novembre 1931 ». Sur un feuillet liminaire, à l’encre, Cras a noté la composition de l’orchestre : 2 grandes flûtes (et la petite), 2 hautbois (et cor anglais), 2 clarinettes, 2 bassons, 4 cors, 2 trompettes, 3 trombones, timbales, tambour (obligé), et le quatuor à cordes. Il donne également des explications sur les « changements de mouvements » et les « variations progressives de mouvement». Discographie : Colette Cras-Tansman, Orchestre Radio-Symphonique de Paris ; dir. Eugène Bigot (1948 ; Timpani 2013) ; Alain Jacquon, Orchestre philharmonique du Luxembourg, dir. Jean-François Antonioli (Timpani 1996).

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