ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

19 12 19. Georges BIZET (1838-1875). L.A.S. à son cher Leroy ; 1 page in-8 (petite fente), fragment d’adresse sur un 2e f. 500 / 700 € Probablement au librettiste François-Hippolyte Leroy (1815-1887), directeur de scène à l’Opéra, qui écrivit avec Henri Trianon le livret d’Ivan IV, opéra laissé inachevé par Bizet. Il lui envoie « 1° – la traduction du Duo Ier acte que vous serez gentil de remettre à Alary [directeur de chant au Théâtre Italien]. 2° un changement pour la grande phrase du trio que vous serez amour de remettre à Nicolini [ténor] »… 20. Georges BIZET (1838-1875). L.A.S. à un ami compositeur ; 1 page in-8. 500 / 600 € « Je deviens idiot ! Ne cherche pas d’autre explication de ma grossièreté stupide – j’étais navré et furieux – je t’en supplie, pardonne moi mon inepte étourderie et fais-moi le grandissime plaisir de me faire entendre jeudi ta nouvelle partition »... 21. Nicolas-Charles BOCHSA (1789-1856). L.A.S., Samedi matin 1er mars, à un artiste ; 1 page in-8. 200 / 250 € « Madme Bishop fera un peu de musique chez elle demain Dimanche soir, et elle me prie de vous dire combien elle seroit charmée de vous recevoir, si vous n’étiez pas mieux engagé ». Bochsa sera lui-même heureux « de faire plus ample connoissance avec un artiste aussi éminent que vous l’êtes »… 22. Pierre BOULEZ (1925-2016). Manuscrit musical autographe, Le Visage nuptial, [1952-1953] ; 35 pages sur 18 feuillets in-fol. (35 x 27 cm). 20 000 / 25000€ Manuscrit complet de la seconde version du premier grand cycle vocal de Boulez, sur des poèmes de René Char. C’est en 1946-1947 que Pierre Boulez écrit la première version du Visage nuptial, sur une suite de cinq poèmes lyriques de René Char datant de 1938, et recueillie dans Seuls demeurent (Gallimard, 1945), pour soprano, contralto, ondes Martenot, piano et percussion ; cette version, en deux mouvements, est créée en 1947. Il élabore en 19511952 une seconde version avec les deux solistes, un chœur de femmes et orchestre (où, pour la première fois, il utilise des quarts de ton), qui, après plusieurs tentatives avortées, est enfin créée à Cologne le 4 décembre 1957 sous la direction du compositeur (à qui Hermann Scherchen a laissé la baguette), et qui sera publiée chez Heugel en 1959 ; elle n’a jamais été enregistrée. Mais Boulez est insatisfait, et entreprend une nouvelle révision de son œuvre, sans micro-intervalles, qui aboutira en 1989. Le présent manuscrit est le manuscrit de travail de la partition d’orchestre de la seconde version de l’œuvre, ici pour voix (soprano solo, alto solo et chœur de femmes) et grand orchestre (60 cordes, bois par quatre). Le manuscrit est noté très soigneusement au crayon noir fin sur papier à 30 ou 32 lignes. La notation est minuscule, presque microscopique, mais d’une très grande netteté et précision, avec de nombreuses indications d’interprétation (ainsi, un signe « signifie pizz – et laisser la corde retomber violemment sur la touche »). Il est complet des cinq parties. I. Conduite (4 pages, chiffrées 1 à 4, sur 2 ff. recto-verso) : « Passe. La bêche sidérale autrefois »… II. Gravité. L’emmuré (6 pages, chiffrées I à VI, sur 5 ff. recto-verso et le feuillet V anapistographe) : « S’il respire il pense à l’encoche»… III. Le Visage nuptial (17 pages, chiffrées 1 à 17, les 3 premières au verso des premières pages du mouvement précédent, les pages 4 à 17 sur 7 autres feuillets, la page 11 écrite au verso de la page 10, et la page 17 au verso de la p. 4) : « À présent disparais, mon escorte »… IV. Évadné (4 pages, chiffrées 1 à 4, sur 2 ff. recto-verso) : « L’été et notre vie étions d’un seul tenant »… V. Post-scriptum (4 pages, chiffrées a à d, sur 2 ff. recto-verso) : « Écartez-vous de moi qui patiente sans bouche »…

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