ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

109 .../... 220. Cosima WAGNER (1837-1930). 9 L.A.S., 1865-1866, à Carl August Röckel ; 19 pages in-8 (une lettre fendue au pli) ; en allemand (trad. jointe). 4 000 / 5 000 € Importante correspondance sur Wagner, Bülow et Louis II de Bavière. [Le compositeur et chef d’orchestre Carl August Röckel (1814-1876) était un fervent ami de Wagner, dont il fut l’assistant à l’opéra de Dresde ; républicain comme lui, il prit part aux soulèvements de 1848-1849, et fut emprisonné ; libéré en 1862, il s’installa à Munich ; Wagner se brouilla avec lui, le tenant pour responsable des ragots rapportés à Louis II sur sa liaison avec Cosima.] Cosima est encore la femme de Hans von Bülow, et signe ses lettres Cosima (ou C.) von Bülow ou v. Bülow-Liszt, mais cette correspondance la montre totalement dévouée à Wagner. Décembre 1865. Wagner a été contraint à l’exil et est parti en Suisse ; elle excuse le Roi et le comprend tout en regrettant. Cosima reste seule, comme une chouette errant sur des ruines. Il vaut mieux garder le silence : le bon pauvre et noble Roi doit se tirer d’affaire tout seul. Analyse de la situation politique en Bavière, où règne le Mal ; elle craint que leur magnifique Roi en soit victime. Février 1866. Nouvelles de Wagner et de son séjour en Suisse ; il est très attristé par la mort de son chien Pohl. Exécution à Munich de la Sainte Élisabeth de Liszt sous sa direction. 24 mai 1866. De Tribschen (où elle est avec Wagner), Cosima demande à Röckel, au nom de Wagner, d’engager l’offensive contre le ministère de la Bavière. 4 juin 1866, elle prie Röckel d’insérer dans les N. Nachrichten un article qui prendrait la défense de Bülow et qui exposerait son très noble caractère universellement connu, son désintéressement qui va jusqu’à l’exagération, et soulignerait qu’il se donne entièrement à l’art, qu’il se sacrifie pour sa conviction et pour ses amis ; il faudrait ensuite faire remarquer le ridicule de l’infamie lorsqu’un tel homme est accusé de profiter pour lui-même. Il faut défendre cet homme d’honneur et cet artiste, remettre en mémoire ses actes artistiques désintéressés, Tristan, les six soirées de piano à titre de bienfaisance, l’exécution de la Neuvième Symphonie, etc. 6 octobre 1866, elle évoque à mots couverts Louis II, et les réformes nécessaires qu’il faut entreprendre progressivement et avec précaution pour ne pas l’effrayer : il doit renvoyer ses domestiques et en prendre d’honnêtes, et une fois cette remise en ordre domestique accomplie, on pourra envisager une grande entreprise nationale ». Quant à « l’ami » [Wagner], il est beaucoup trop sanguin dans cette affaire, et Cosima compte sur Röckel pour le modérer…

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