105 .../... Puis Wagner en vient au projet de Tristan. S’il lui était effectivement permis de venir, il accepterait cette première représentation même après un retard de six mois. Mais il prévient son cher Tcheckel. Le fait que le ténor ait encore cette force et cette fraîcheur incroyables de son organe à son âge [52 ans] est un miracle de la nature unique ; mais un cadeau aussi étrange doit être apprécié et utilisé avec précaution. S’il s’arrête de chanter une fois, ce sera fini pour tout : ainsi le Tristan, par exemple, ne pourra plus être terminé avant longtemps. On pourra certes encore chanter Le Pardon de Ploërmel après lui. Mais ce serait une tentation sacrilège de la nature de gâcher six mois si merveilleusement précieux, et de remettre à plus tard les tâches les plus difficiles et les plus élevées de l’art, en s’en remettant à la chance. Wagner espère bien trouver dans six mois son ami aussi vif ! Mais au bout d’une demi-année, il devra être tout à lui pendant encore bien des demi-années et des années entières… Qu’il réfléchisse et se demande s’il ne serait pas préférable, en supposant que Wagner fût autorisé à venir, de faire Tristan plus tôt, peut-être le plus tôt possible, au lieu de perdre un temps précieux en vain… « Mein lieber Freund! Wie wichtig auch die Dienste sind, die Du mir jetzt leistest, so glaub’ doch, dass die herzliche Freude und der liebenswürdige Eifer, mit dem Du mir zur Seite stehst, an sich selbst mich noch mehr beglücken! Ich bin erstaunt, wie stumpfsinnig und gedankenlos die meisten meiner Freunde sind, die sich durchaus nicht einbilden zu können scheinen, welchen Zufällen meine Lage fortwährend ausgesetzt bleibt, welch’ zerrüttenden Sorgen ich oft preisgegeben bin, und wie sehr mein Geist belastet ist, der doch nur dann schaffen und der Welt etwas sein kann, wenn er frei und klar ist. So versichere ich Dir denn, wenn Du mir jetzt nicht vollends zu helfen vermagst, dass ich dann wirklich erliegen zu müssen glaube. […] Durch die Verzögerung des Tristan ist mir jeder Ausweg versperrt, auf rein geschäftlichem Wege meinem Bedürfniss abzuhelfen, und auf meine Pariser Unternehmung kann ich nur dann rechnen, wenn ich mir dabei nicht die mindeste Miene von Eile gebe: denn u. a. arbeitet Roger sehr langsam, wie er überhaupt geistige Anstrengungen nicht sehr liebt. Unter so fortdauernden Umständen sehe ich wirklich mit unbeschreiblicher Beklemmung dem Gelingen Deiner Bemühungen, mir das Darlehen von 5000 fr. zu verschaffen,
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