ADER Nordmann. Paris. LETTRES & MANUSCRITS AUTOGRAPHES – MUSIQUE

99 .../... l’auteur ! N’ayant jamais pu obtenir cette perfection à Dresde, j’en tirai une conclusion caractéristique qui me guida dans toutes mes entreprises. Quoi qu’il en soit, par ma représentation dresdoise de Tannhäuser, je n’étais parvenu à faire comprendre à l’élite du public que ma tendance à sortir de l’ordinaire ; toutefois j’avais forcé cette élite à réfléchir et à faire abstraction de la faible interprétation »… Dans ses «Souvenirs sur Ludwig Schnorr con Carolsfeld» (1867), Wagner a encore évoqué Tichatscheck à propos de Tannhäuser : « Si jamais la nature a produit à notre époque la merveille d’une belle voix d’homme, c’est bien celle du ténor Tichatscheck, dont la vigueur et l’éclat se maintiennent depuis tantôt quarante ans. […] Quant à ce passage de Tannhäuser [finale du 2e acte], à Dresde déjà, il y a beau temps de cela, je fus obligé de le supprimer après la première représentation, car Tichatscheck, alors dans tout l’éclat de ses moyens vocaux, ne put arriver, conformément aux dispositions de son talent dramatique, à s’assimiler l’expression de ce passage, qui est celle d’une contrition extatique, et tomba au contraire, pour quelques notes élevées, dans un véritable épuisement physique ».] La présente partition porte la trace de ces vicissitudes et des changements apportés au cours des répétitions et représentations. Le manuscrit a été établi par un copiste, à l’encre brune, sur des cahiers de papier à 12 portées. La première page porte le titre en grosses lettres : « Tannhäuser und der Sängerkrieg auf der Wartburg » (le second article « der » a été ensuite biffé), et le nom du rôle : « Tannhäuser ». En bas à droite, Wagner a inscrit l’envoi : « Hr. Tichatschek RWagner ». Au verso du premier plat de couverture et sur la page de titre, Tichatscheck a noté, année après année, les dates de

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